Certains producteurs du Golfe verseraient discrètement des péages à l’Iran pour garantir le passage sécurisé de leurs navires à travers le détroit d’Hormuz, selon des déclarations de responsables de la société d’analyse Kpler. Cette situation intervient alors que le Brent se maintient autour de 100 dollars le baril.
Les exportations de brut et de condensats du Moyen-Orient ont atteint en moyenne environ 16,5 millions de barils par jour en septembre, avant de dépasser le seuil d’avant-guerre de 18 millions de barils par jour lors de plusieurs journées de la dernière semaine du mois, selon les données de Kpler relayées par Oilprice.
Malgré cette reprise des volumes, les cours du pétrole restent élevés. Le brut Brent s’échange toujours aux alentours de 100 dollars le baril, soit près de 30 dollars de plus que son niveau d’avant-guerre. Pour maintenir ces flux, les producteurs acheminent davantage de brut via des oléoducs et des ports alternatifs, tandis que les navires empruntant Hormuz dépendent de plus en plus d’escortes militaires américaines et de transferts de navire à navire intensifs.

Des paiements discrets pour assurer la navigation
Selon Michelle Brohard, responsable de la politique et du risque géopolitique chez Kpler, l’Iran pourrait percevoir en toute discrétion des taxes de transit de la part des navires, les exportateurs répercutant ces coûts sur les consommateurs.
Je soupçonne qu’un péage est payé, ce qui garantit un passage sûr à ces navires. Je soupçonne également que ces pays savent que cela est insoutenable du point de vue des escortes américaines, et tout aussi insoutenable s’ils doivent verser à l’Iran 10 % ou 20 % de leur cargaison.
Ces allégations n’ont pas été officiellement vérifiées, mais d’autres analystes partagent ce constat de marchés fonctionnant dans l’ombre. Chris Beauchamp, analyste de marché en chef chez IG Group, a indiqué à Al Jazeera que tout semble se dérouler sous le radar au Moyen-Orient, des convois navals américains jusqu’à l’Iran qui facture discrètement des péages
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Sanctions financières et blocages juridiques
Si de tels versements secrets étaient avérés, les répercussions s’avéreraient majeures. L’administration américaine a mis en garde Téhéran contre l’instauration de telles taxes, tandis que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Qatar et le Koweït s’opposent aux exigences iraniennes en matière de frais de transit.
Washington cible activement le réseau financier lié au système de paiement d’Hormuz. Le mois dernier, l’Office of Control des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a sanctionné la plateforme d’échange de cryptomonnaies iranienne BitBank. Le Trésor a indiqué que la Hormuz Safe Marine Services Authority
utilisait cet échange depuis le mois de juin pour acheminer des paiements vers le régime iranien.
D’après le Trésor américain, BitBank est contrôlée par le financier iranien Babak Zanjani. Condamné à la mort en Iran en 2016 pour détournement de fonds pétroliers publics, sa peine a été commuée en 2024 avant qu’il ne réapparaisse comme soutien de projets économiques liés au pouvoir.
Sur le plan juridique, les projets de l’Iran se heurtent à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Ce texte dispose que les navires bénéficient d’un droit de passage en transit dans les détroits internationaux, interdisant aux États riverains de prélever de simples redevances de passage. L’Iran a signé l’UNCLOS en 1982 sans jamais la ratifier, invoquant sa propre législation maritime, notamment la loi de 1993 sur les espaces maritimes.
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