L’immuno-TEP détecte des myélomes invisibles au FDG-PET/CT

Un nouvel examen d’imagerie médicale par immuno-TEP, ciblant l’antigène de surface CD38, a permis de détecter des lésions de myélome multiple passées inaperçues lors des examens standards par tomographie par émission de positons au FDG, selon une étude de phase 2 publiée le 3 novembre 2026 dans la revue Radiology.

L’essai clinique mené sur soixante patients

Des chercheurs du Sylvester Comprehensive Cancer Center, rattaché à l’École de médecine Miller de l’Université de Miami, ont mené cet essai clinique multicentrique de phase 2 en collaboration avec le Hoag Cancer Center, selon Auntminnie. L’étude a inclus 60 patients avec myélome multiple qui ont subi à la fois une scintigraphie standard au FDG et un examen par immuno-TEP utilisant le traceur radioactif au zirconium-89 (Zr-89) marqué au daratumumab.

Les analyses ont révélé que l’immuno-TEP au Zr-89 daratumumab a détecté le myélome multiple chez 13 % des participants, soit huit patients sur soixante, dont les examens traditionnels au FDG étaient négatifs. Des biopsies ultérieures ont confirmé la présence active de la maladie dans l’ensemble de ces cas. Globalement, l’immuno-TEP a mis en évidence des lésions non vues par la TEP au FDG chez 17 patients, soit 28 % des effectifs.

L'immuno-TEP détecte des myélomes invisibles au FDG-PET/CT
Photo : southfloridahospitalnews.com

Les limites des examens au glucose et l’apport de la cible CD38

Les scanners classiques TEP/CT reposent sur la consommation anormale de glucose par les cellules tumorales par rapport aux tissus sains environnants. Néanmoins, les cellules du myélome multiple affichent souvent une consommation de glucose similaire à celle des cellules saines, ce qui entraîne des faux négatifs dans une proportion pouvant atteindre 40 % des cas.

Les cellules du myélome consomment fréquemment la même quantité de glucose que les cellules normales environnantes. Il est très bien connu des radiologues et des experts du myélome que certains patients atteints de myélome osseux peuvent ne pas présenter de signal visible sur les examens TEP.

Le Dr C. Ola Landgren, chef du service de myélome, directeur du Sylvester Myeloma Institute et auteur principal de l’étude

À l’inverse, l’examen comparatif a également montré que la TEP au FDG détectait des lésions manquées par l’immuno-TEP chez 13 patients, soit 22 % de la cohorte. Les deux méthodes se complètent donc sans qu’aucune ne parvienne à identifier l’intégralité des foyers pathologiques à elle seule. L’équipe du Sylvester Multiple Myeloma Program souligne que ces technologies s’adressent directement aux patients pour lesquels les examens usuels ne suffisent pas.

Sylvester Myeloma Institute

Perspectives technologiques et réduction du délai d’examen

Dans sa forme actuelle, le protocole d’immuno-TEP nécessite environ une semaine pour que l’anticorps se distribue dans l’organisme et se fixe sur les cellules cibles. Les équipes de recherche travaillent à la mise au point de fragments d’anticorps plus petits capables d’atteindre les tumeurs de manière plus rapide, ouvrant la voie potentielle vers un examen réalisable le jour même.

Cette étude clinique de démonstration de faisabilité démontre l’utilité d’identifier les lésions de myélome multiple à l’aide d’un radiotraceur d’immuno-TEP ciblant l’antigène de surface cellulaire CD38, y compris chez certains patients présentant des examens TEP/TDM au F-18 FDG négatifs,

L’équipe de recherche

Les chercheurs envisagent également d’étudier l’utilité de ce traceur pour évaluer la maladie résiduelle après les traitements et son application potentielle dans le cadre de thérapies par radioligands couplés à des isotopes thérapeutiques. Les lecteurs désireux d’en savoir plus sur ces démarches cliniques sont invités à consulter un professionnel de santé qualifié pour tout avis médical.

Multiple myeloma tracer giqjcaydbb
Photo : Auntminnie

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