Libye : le chef des renseignements de l’Est assassiné à Benghazi

Le chef des services de renseignement de l’armée de l’Est en Libye, le général de brigade Fauzi Al-Mansouri, a été tué lundi 10 août dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi, selon le commandement de l’Armée nationale libyenne (ANL). L’officier quinquagénaire, originaire d’Ajdabiya, sortait de la mosquée après la prière du soir dans le quartier résidentiel d’al-Hawari lorsqu’un engin explosif fixé sur son véhicule a éclaté, selon les sources sécuritaires.

Assassinat du général Fauzi Al-Mansouri à Benghazi

Le commandement de l’ANL, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, a immédiatement fustigé dans un communiqué nocturne un « acte lâche et criminel ». Il s’agit d’une des premières attaques visant un aussi haut responsable de l’appareil sécuritaire officiel dans l’Est depuis une dizaine d’années. Cet assassinat frappe l’un des maillons les plus sensibles de l’architecture sécuritaire nationale, ces services jouant un rôle central dans la surveillance des trafics et la coopération avec les partenaires étrangers, d’après les informations rapportées par Africtelegraph.

Libye : le chef des renseignements de l'Est assassiné à Benghazi
Photo: France24

Réactions du clan Haftar et pistes privilégiées

Mardi, Khaled Haftar, l’un des fils du maréchal Khalifa Haftar et chef d’état-major de l’ANL, a dénoncé auprès de l’AFP une attaque qualifiée de « terroriste ». Dans un texte transmis par son assistant, il a averti que le projet terroriste vise l’ensemble de la région et a donné des instructions pour retrouver les auteurs dans les plus brefs délais. Les autorités de l’Est suspectent une attaque jihadiste, rappelant le climat qui prévalait entre 2013 et 2014 à Benghazi, bien qu’elles attendent que les investigations soient achevées, comme le relaye France24.

Libye : le chef des renseignements de l'Est assassiné à Benghazi
Photo: RFI

Le mode opératoire de l’attentat rappelle les règlements de comptes et les attaques ciblées menées autrefois par des groupes islamistes extrémistes contre les officiers de l’ANL avant 2014. Toutefois, le général Al-Mansouri gérait de nombreux dossiers très sensibles, ce qui pouvait lui valoir divers ennemis. Les deux fils du maréchal Khalifa Haftar, à savoir Khaled et son cadet Saddam — vice-commandant de l’ANL et héritier désigné —, ont assisté aux funérailles du haut gradé, selon les précisions de Icibeyrouth.

Conséquences politiques et sécuritaires pour la Libye

Cet attentat constitue un grave revers pour le dispositif sécuritaire du camp Haftar, qui s’efforce de maintenir l’image d’une stabilité totale dans l’Est par opposition à l’ouest du pays, théâtre d’affrontements sporadiques entre groupes armés. Selon Hamish Kinnear, analyste du cabinet Verisk Maplecroft, la sophistication de cette attaque menée au cœur même du bastion de l’ANL démontre la vulnérabilité persistante des institutions.

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La disparition de ce cadre militaire intervient également alors que l’administration américaine pousse pour une réunification de la Libye autour du plan de l’émissaire Massad Boulos. Des analystes estiment que cet événement, combiné à d’autres tensions récentes, risque de perturber les processus politiques en cours et d’entraîner une dégradation rapide de la situation dans le pays, miné par les divisions depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, complète Koaci.

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