Nigeria : La Chambre des Représentants arbitre les tensions entre raffineries et importateurs

La commission de l’aval pétrolier de la Chambre des représentants nigériane a ouvert ce mardi des consultations stratégiques à Abuja. L’objectif est d’apaiser les tensions entre les raffineries nationales et les importateurs, tout en examinant la tarification en dollars et la stabilité de l’approvisionnement en carburant.

Face à la transformation rapide du secteur aval de l’énergie, les parlementaires ont entamé une série de discussions avec les acteurs majeurs de l’industrie. L’initiative vise à concilier les intérêts des importateurs historiques et la montée en puissance de la production locale de carburant, dans un contexte marqué par la déréglementation du marché et la mise en œuvre de la loi sur l’industrie pétrolière (The House of Representatives Committee on Petroleum Resources (Downstream) on Tuesday launched a fresh initiative).

Consultations à l’Assemblée nationale et réclamations des négociants

Réunis à l’Assemblée nationale, les membres de la commission ont reçu les représentants de plusieurs associations professionnelles, dont l’Association des négociants en dépôt et produits pétroliers du Nigeria, l’Association indépendante des négociants en produits pétroliers du Nigeria et l’Association des principaux distributeurs d’énergie du Nigeria. Le président de la commission, Ikenga Ugochinyere, a insisté sur la nécessité d’une approche inclusive pour garantir des prix abordables et un approvisionnement régulier sur le marché intérieur.

Photo: nairametrics.com

Les discussions ont notamment mis en lumière les inquiétudes des professionnels concernant la tarification de certains services portuaires. L’Association des négociants et IPMAN ont pointé du doigt les charges libellées en devises étrangères par les autorités portuaires. Selon l’audition parlementaire, charging people who are dealing with domestic downstream activities in dollar pèse lourdement sur le prix final de l’essence à la pompe, une pratique que les parlementaires se sont engagés à examiner de près avec la Banque centrale et les régulateurs.

Tensions sur les prix de l’essence importée et critiques des licences

La question des licences d’importation accordées à certains opérateurs continue de diviser la filière. Chinedu Ukadike, secrétaire national à la publicité d’IPMAN, a publiquement mis en cause la stratégie de certains grands importateurs, les accusant de fixer des prix élevés pour le carburant importé. D’après l’association, ces tarifs contrastent fortement avec les offres émanant des structures locales de raffinage (Oil marketers have accused major fuel importers, including AA Rano and Matrix, of fixing the price of imported petrol at about N1,350 per litre).

Reps Hear Explosive Arguments From Oil Marketers Over Import Ban & Open Market?

Les représentants des distributeurs indépendants estiment que l’attribution de ces licences d’importation, censée réguler le marché, ne produit pas les effets escomptés pour le consommateur final. Les critiques ciblent également la transparence dans l’allocation des quotas trimestriels et l’impact de ces importations sur la demande de devises, dans un marché des changes sous tension où le taux de change frôle les niveaux élevés face au dollar.

Le défi de l’industrialisation et de l’autosuffisance énergétique

Au-delà des ajustements conjoncturels à court terme, le débat s’inscrit dans une interrogation plus vaste sur le modèle économique énergétique du pays. L’émergence de méga-installations de raffinage privées, à l’instar de la raffinerie Dangote dotée d’une capacité d’environ 650 000 barils par jour, modifie en profondeur la dynamique de substitution aux importations. Les analyses soulignent que des décennies de dépenses massives dans la maintenance des raffineries publiques de Port Harcourt, Warri et Kaduna n’ont pas permis d’éviter une dépendance chronique aux achats extérieurs de carburant raffiné à partir du brut national.

Photo: Daily Trust

Pour les partisans du développement industriel local, la priorité réside dans la protection de la production nationale et la conservation de la valeur ajoutée sur le territoire nigérian. Néanmoins, les négociants rappellent la nécessité de maintenir un équilibre opérationnel pour les infrastructures logistiques et de stockage construites au fil des ans, plaidant pour une transition ordonnée entre importation et raffinage domestique.

Prochaines étapes de la régulation et suivi institutionnel

La commission parlementaire poursuit ses auditions avec l’autorité de régulation du secteur amont et aval, la compagnie pétrolière nationale ainsi que les gestionnaires d’infrastructures portuaires et routières. Les propositions formulées par les différentes associations professionnelles, incluant des recommandations sur les stocks stratégiques et le suivi de la concurrence, devront nourrir les prochaines réformes législatives et les amendements à la loi sur l’industrie pétrolière avant la fin de la législature (These issues are very important to this committee and I want to propose those motions and legislation that will help to resolve it before the end of this hour assembly).

Photo: Tribune Online

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