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Les méfaits des Italiens en Russie La tragique ambivalence des frontières – Corriere.it

Les méfaits des Italiens en Russie La tragique ambivalence des frontières – Corriere.it

2024-04-19 21:57:29

La guerre en URSS de Raffaello Pannacci. Et puis la publicité et la société de consommation sous les régimes de Bianca Gaudenzi. Les frontières amicales de Touring et le désenchantement de Dodds

Nous savions plus ou moins comment les Italiens combattaient et moururent pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous en savions également assez sur la cruauté (inévitable ?) de la répression anti-partisane dans les Balkans. Pourtant, on ne savait pas grand chose, voire rien, de ce qu’il en était réellement – au-delà d’une retraite tragique qui a fait l’objet de mille témoignages – notre présence en Russie au cours des deux années précédentes. Ce livre de Raffaello Pannacci le raconte enfin, avec une documentation abondante et une grande précision (L’occupation italienne en URSS 1941-1943, Carocci, 310 pages, 35 euros). En Russie, où de nombreux volontaires ont également afflué, nous n’étions pas du tout italiens, de bonnes personnes. Pas comme les Allemands, bien sûr, mais nous avons quand même essayé de leur enlever toutes les matières premières, les équipements et les récoltes, provoquant ainsi la famine de la population ; nous avons fusillé les prisonniers ennemis et les blessés ; nous avons échangé des femmes et tout ce qui était possible ; nous avons réquisitionné sans compensation ; nous avons tué quelques Juifs et en avons livré encore davantage aux nazis. Une sale guerre bref : comme presque toujours.

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Ce qui irrite dans le livre de Bianca Gaudenzi (Le fascisme à l’honneur. Modèles de publicité et de consommation au XXe siècle et sous le Troisième Reich, Viella, pages 321, 29 euros), au-delà d’un certain extrémisme antifasciste (n’est-il vraiment qu’en Italie et en Allemagne que le corps féminin est utilisé à des fins commerciales ?), un certain provincialisme snob : c’est-à-dire comme en Italie (mais pas seulement, comment dire) rien n’avait jamais été écrit sur le fascisme. La thèse péremptoire : à travers l’étude de la publicité soulignent comment la référence à une société de consommation fasciste et nazie tant attendue est devenue fondamentale dans la tentative de normaliser certains des aspects les plus brutaux des deux régimes. De cette façon, donc, enquêtez sur la sombre relation entre le fascisme et la modernité. Mais peut-on aborder un tel sujet sans citer ne serait-ce qu’un vers de De Felice ou Gentile, mais aussi de Mosse, Nolte, Sternhell, et exclusivement une bibliographie anglo-allemande strictement postcoloniale ?

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Qu’un ancien membre (bientôt cinquante ans !) du Touring Club Italien puisse forcer un peu le périmètre de cette chronique pour annoncer la sortie de Les frontières (191 pages, 19,50 €), le premier numéro de Mappe. Il s’agit d’une nouveau magazine trimestriel Touring, sous forme de livre, conçu et édité par le nouveau directeur éditorial Ottavio Di Brizzi, et signe de renaissance. C’est-à-dire une présence renouvelée de l’ancienne association dans les publications de qualité qui traitent de curiosités géographiques, de la thématique du paysage et du voyage au sens le plus large de ces termes ; et, tout comme Mappe, il le fait avec imagination, intelligence, en recourant également au roman graphique. Il est tout simplement dommage que dans les deux introductions de ce numéro, nous ayons à lire sur le sens du terme frontière les banalités ennuyeuses habituelles dictées par le conformisme cosmopolite à la mode: ponctuellement démenti, comme par hasard, par le drame Guerres frontalières de Klaus Dodds vient de sortir chez Einaudi (traduction d’Alessandro Manna, 334 pages, 32 euros). Qui parle de cette vilaine chose qu’est la réalité : autre que le sympathique je suis proche de toi attribué au terme par Maps !

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19 avril 2024 (modifié le 19 avril 2024 | 20h02)



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