Washington a rejeté les demandes pressantes de Riyad d’intervenir militairement, refusant d’ouvrir un nouveau front face aux alliés de l’Iran.
L’étau géopolitique se resserre un peu plus sur les routes maritimes du Moyen-Orient. Les insurgés houthis au Yémen ont parachevé leur mainmise sur le détroit de Bab el-Mandeb, artère vitale pour le commerce mondial qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden. Selon des sources de la gouvernement yéménite internationalement reconnue, la progression s’est accélérée avec la prise de la ville portuaire de Doubab et le retrait des forces loyalistes de l’île stratégique de Périm, située au cœur même du passage maritime.
L’île de Périm et Doubab sous pavillon houthi
Cette percée intervient au lendemain de la capture par les rebelles de la ville portuaire d’Al-Mocha, qui constituait un bastion majeur des forces de résistance loyalistes. En contrôlant Doubab et l’île de Périm, les forces houthies s’assurent les clés de voûte de ce goulet d’étranglement par lequel transitent traditionnellement environ une fraction significative du commerce maritime mondial.
Face à cette avancée fulgurante, la direction houthie a tenté de rassurer la communauté internationale tout en maintenant la pression sur ses rivaux régionaux. Le porte-parole des rebelles, Yahya Sarea, a affirmé dans une déclaration officielle que la navigation demeurait sécurisée pour l’ensemble des acteurs, à l’exception notable de l’Arabie saoudite. Le trafic maritime en mer Rouge et à Bab el-Mandeb est garanti. Les opérations actuelles ont des objectifs spécifiques et un caractère défensif, a déclaré un représentant houthi interrogé par un média qatari, tout en prévenant qu’une riposte immédiate suivrait en cas de frappe contre les infrastructures yéménites.
Le refus net de Washington face aux appels de Riyad
La chute de ce point de passage névralgique a provoqué une onde de choc diplomatique à Riyad. D’après des informations concordantes relayées par la presse internationale, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a passé deux appels téléphoniques consécutifs au président américain Donald Trump pour exiger des frappes directes contre les positions houthies.


La Maison-Blanche a toutefois opposé une fin de non-recevoir. Selon les sources diplomatiques, l’administration américaine refuse pour l’heure de s’engager militairement de manière directe contre les rebelles yéménites, préférant concentrer ses efforts et ses ressources sur l’Iran et la sécurisation du détroit d’Hormuz.
Malgré ce refus d’intervenir militairement sur le terrain yéménite, les États-Unis maintiennent une coordination étroite avec leur allié saoudien. L’amiral Brad Cooper, commandant du commandement central américain (CENTCOM), s’est rendu en urgence en Arabie saoudite pour des réunions de coordination. Environ deux cents militaires américains sont actuellement déployés sur place pour fournir un appui logistique, du renseignement tactique et des données de ciblage aux forces de la coalition.
L’ombre de l’Iran et la double tenaille sur le pétrole
Les services de renseignement et les sources diplomatiques soulignent le rôle central joué par Téhéran dans cette offensive. D’après des sources iraniennes et des rapports de Reuters, les Gardiens de la révolution ont directement supervisé et ordonné cette escalade, en fournissant aux Houthis des armements accrus et un soutien financier. Des commandants de la force Al-Qods se seraient même rendus sur place pour piloter la stratégie militaire.
Cette mainmise simultanée sur Bab el-Mandeb à l’ouest et le blocus persistant du détroit d’Hormuz à l’est de la péninsule arabique place l’économie mondiale sous une pression sans précédent. En raison de ces tensions cumulées sur les deux grands couloirs énergétiques du Moyen-Orient, le cours du pétrole brut a continué de progresser, le baril de Brent frôlant les sommets sur les marchés internationaux.
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