La disparition de l’icône de la musique country, décédée des suites d’un bref combat contre le cancer après une lutte privée, a déclenché une immense vague d’hommages à travers le monde. Mais cet élan populaire s’est rapidement accompagné de dérives numériques et matérielles que ses proches tentent désormais de canaliser. Alors que les admirateurs continuent de saluer sa mémoire, la gestion de son héritage culturel se heurte à des technologies de manipulation d’images et à des actes malveillants.
L’indignation de la famille face à la prolifération de faux contenus
Peu de temps après l’annonce de la disparition de la chanteuse, sa sœur Stella Parton s’est publiquement insurgée sur Instagram. Tout en exprimant sa gratitude envers les admirateurs pour leur affection sincère et authentique, la compositrice et auteure-interprète âgée de 77 ans a dénoncé une pression incroyable et une insensibilité totale de la part d’inconnus.
Stella Parton a souligné qu’une « quantité énorme d’IA et de déchets sans fin » est publiée chaque jour, déplorant qu’il soit difficile de l’absorber ou de l’ignorer. Elle a également fustigé « ceux dont le métier consiste à exploiter au quotidien les pertes et les tragédies des autres », en prédisant qu’ils finiront par passer à la prochaine ruée de désinformation sans fin.

Stella Parton, sœur de Dolly Parton, a indiqué qu’avec le temps, elles iraient bien, mais que chacune d’elles ferait son deuil à sa manière personnelle.
Cette dénonciation fait notamment echo à la diffusion de fausses images et de publications trompeuses. Le 27 août, l’ancien président Trump a partagé sur Truth Social une image fabriquée par intelligence artificielle montrant l’artiste et lui-même marchant ensemble à la Maison-Blanche. Parallèlement, un morceau musical créé par intelligence artificielle a rassemblé de nombreuses lectures tout en étant faussement attribué à la fille spirituelle de Dolly, Miley Cyrus.
De son vivant, l’artiste elle-même avait déjà tourné en dérision l’utilisation excessive de l’intelligence artificielle l’année précédente, lorsqu’une fausse image la représentant alitée aux côtés de Reba McEntire avait circulé. Elle avait alors plaisanté en déclarant qu’on aurait dit qu’elles étaient en train d’entrer dans leur tombe.
Le vandalisme de l’étoile sur le Walk of Fame à Hollywood
Les tensions autour de la mémoire de l’artiste ont également pris une tournure physique en Californie. Quelques jours seulement après la disparition de Dolly Parton, un lieu symbolique où les admirateurs venaient lui rendre hommage a été pris pour cible. L’étoile portant le nom de la légende de la country sur le Walk of Fame a été vandalisée alors que les fans s’y succédaient pour déposer des fleurs et des bougies.

D’après les précisions diffusées par le Los Angeles Times, le site présentait déjà plusieurs fissures avant cet incident. Ana Martinez, porte-parole de la Chambre de commerce de Hollywood, a expliqué qu’une intervention avait été programmée pour le mardi 1er septembre afin de remettre le monument en état. C’est précisément au moment où cette réfection devait débuter qu’un individu aurait volontairement rayé le célèbre symbole. Il s’agit d’un acte inédit depuis 1984, année durant laquelle l’artiste américaine avait obtenu son étoile sur cette avenue.
Pour répondre à cette dégradation, le Hollywood Historic Trust, l’organisme chargé de l’entretien des étoiles, a pris des mesures immédiates. L’institution a annoncé sur Instagram qu’elle était fière d’honorer la mémoire de Dolly Parton en remplaçant son étoile, précisant que la nouvelle version serait visible dès vendredi pour permettre aux admirateurs de continuer à venir se recueillir.
La voix de l’artiste revient à travers une parution posthume
Malgré ces controverses numériques et matérielles, l’œuvre musicale de la chanteuse continue de vivre. Le premier enregistrement posthume a été dévoilé quelques semaines après sa disparition. Intitulé « Bound to Ride », le morceau a été enregistré en 2022 dans le studio personnel de l’artiste, alors que la chanteuse âgée alors de 76 ans ne souhaitait pas prendre le risque d’une session collective en studio en plein milieu d’une résurgence de la Covid-19.

Ce titre traditionnel de bluegrass, que les Stanley Brothers avaient contribué à faire connaître à travers leur propre enregistrement en 1964, figurera sur l’album « Where the Soul Never Dies: Celebrating 80 Years of The Stanley Brothers », dont la sortie est programmée au 16 octobre. Pour cette nouvelle version, les First Ladies of Bluegrass — composées de l’autrice au banjo Alison Brown, de la violoniste Becky Buller, de la mandoliniste Sierra Hull, de la contrebassiste Missy Raines et de la guitariste Molly Tuttle — ont conçu une nouvelle orchestration tout en ajoutant une transition de huit mesures inspirée d’un couplet moins connu de la chanson.
Après que Becky Buller a enregistré de façon provisoire les voix selon la tonalité adaptée, l’équipe a envoyé la piste instrumentale au propre studio de Parton. Lorsque les musiciens ont découvert le résultat final, le producteur Garry West a déclaré qu’ils avaient obtenu « la grande Dolly dans toute sa splendeur ». L’artiste n’a pas seulement interprété sa partie vocale, puisqu’elle cite également par leur nom l’ensemble des cinq musiciennes au cœur du morceau, donnant l’impression qu’elles se trouvaient toutes réunies dans la même pièce.
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