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Les agriculteurs augmentent la pression sur Macron avec plus d’une centaine de blocages dans toute la France

Les agriculteurs augmentent la pression sur Macron avec plus d’une centaine de blocages dans toute la France

2024-01-31 23:47:57

“Nous sommes ici!” crient les deux premiers agriculteurs qui arrivent en signe de protestation au marché de gros de Rungis, à sept kilomètres de Paris. Montés sur des tracteurs de 25 tonnes, ils viennent bloquer cet espace géant de 234 hectares qui nourrit plus de 18 millions de Français dans la région capitale et une grande partie du pays.

Bloquer Rungis serait l’acte le plus audacieux des agriculteurs français au cours de ces deux semaines de protestation. Et, après les annonces tièdes du premier ministre Gabriel Attal, ont décidé de continuer à manifester avec plus de force. Couper plus de routes et faire plus de bruit pour exiger une aide financière de l’État, des tarifs spéciaux pour l’électricité et le carburant, une simplification des procédures administratives et de meilleures conditions de concurrence vis-à-vis des producteurs étrangers, notamment en ce qui concerne l’importation d’oiseaux ukrainiens et les négociations avec le Mercosur.

Le Ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que Rungis était une ligne rouge. Depuis ce mercredi matin, 15 personnes avaient déjà été interpellées pour « entrave à la circulation ». En fin d’après-midi, ils étaient déjà 80. Des gendarmes, des policiers et des camions blindés gardent la porte. Le gouvernement Macron est déterminé à empêcher le blocus du plus grand marché d’Europe. De manière générale, l’ambiance n’est pas une bataille rangée mais il existe des tensions entre les producteurs et les forces de l’ordre.

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Rungis n’est pas le seul front. Le ministère fait état de 100 autres points de blocage sur tout le territoire : Aix en Provence, Lyon, Nantes, Pays de la Loire, Auvergne, Bretagne et bien d’autres. Au moins huit de ces blocages sont recensés sur les routes entrant dans la ville de Paris. Un dispositif spécial a également été mis en place pour surveiller les aéroports d’Orly et Charles de Gaulle.

Les manifestants sont organisés pour passer des jours et des nuits sur le parcours : il y a des lits, des toilettes portables, des tables de nourriture, de la distribution d’eau et même des douches. Le mouvement est solide et ne cède pas à ce qu’ils appellent des « miettes » du gouvernement.

De son côté, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a annoncé ce mercredi l’approbation d’une aide de l’État d’un montant de 230 millions d’euros pour le secteur vitivinicole, répondant à la baisse des ventes de vin tant en France que dans le monde. Ce montant comprend une « prime à l’arrachage des vignes » pour stopper la surproduction. L’annonce n’est pas mal accueillie mais elle ne représente pas une solution aux problèmes sous-jacents des agriculteurs et des éleveurs.

Réponses de Bruxelles

Au milieu de cette poudrière agroalimentaire qui s’étend à plusieurs pays européens – dont l’Espagne – la Commission européenne a proposé ce mercredi plusieurs « mesures de sauvegarde » comme l’extension de l’exonération des droits de douane applicables aux produits agricoles entrant dans l’Union européenne. Union européenne, limitant les volumes des produits les plus sensibles. Une sorte de « frein d’urgence » pour l’importation de produits comme la volaille, les œufs et le sucre.

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L’idée est d’appliquer une taxe douanière lorsque l’importation dépasse un certain volume, moyenné sur les quantités importées entre 2022 et 2023. Rappelons que les syndicats agricoles ont condamné la suspension, à partir de 2022, des taxes douanières qui devraient s’appliquer sur une série de produits agricoles. de produits – notamment le poulet ukrainien – qui désavantagent les producteurs locaux.

Emmanuel Macron rencontre ce jeudi à Bruxelles le président de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour mettre trois questions sur la table : les jachères ou pourcentages de terres non semées imposées par l’UE, les importations de produits ukrainiens et l’accord commercial avec les pays du Mercosur. Ce dernier point est l’un des points les plus rejetés par les producteurs français puisque la signature éventuelle d’un pacte entre l’Europe et le bloc composé du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay supprimerait les taxes douanières sur 9 produits sur 10 exportés d’un continent vers l’Europe. autre.

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Sachant que les coûts de production sont bien inférieurs en Amérique latine qu’en Europe, une bonne partie des éleveurs français sont menacés par ce qu’ils appellent la « concurrence déloyale ». Il a déjà été établi que le Mercosur enverrait chaque année en Europe environ 180 000 tonnes de volaille, environ 99 000 tonnes de bœuf et 25 000 tonnes de porc. Même si certains secteurs agricoles en France pourraient également bénéficier de cet accord – comme les producteurs de vin et de lait – il existe un climat général de rejet du libre-échange avec le Mercosur.

Outre les prix bas, les Français rejettent également que les normes environnementales et les lourdes démarches administratives exigées par la France ne s’appliquent pas de la même manière aux produits sud-américains. «Au moment où l’accord du Mercosur est en cours de négociation, la France s’y oppose. Parce que c’est un accord qui n’impose pas des règles égales aux nôtres”, a prévenu Macron.

Là aussi, à Bruxelles, des centaines de tracteurs devraient stationner ce jeudi devant les institutions européennes. Ce sera la cavalerie lourde – et indignée – des agriculteurs belges, français, espagnols, portugais, allemands et polonais.



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