L’entreprise pharmaceutique GSK fait face à un examen parlementaire serré après avoir annoncé la suppression de 1.217 emplois en Belgique. Auditionnée le 3 novembre 2026 à la Chambre, la direction a défendu une restructuration face à la concurrence internationale, tandis qu’un rapport de l’Institut Athéna indique que le groupe a bénéficié de subventions publiques.
La restructuration menace près de 15 % des effectifs belges du géant pharmaceutique, répartis principalement dans le Brabant wallon, notamment sur le site de Wavre. Alors que les syndicats s’apprêtent à entamer les négociations dans le cadre de la procédure Renault, les parlementaires ont interrogé la direction sur la trajectoire financière de l’entreprise et l’utilisation des fonds publics.
Une division vaccins en berne et des signaux d’alarme
Devant la commission parlementaire, la direction a insisté sur la santé financière globale de l’entreprise, tout en soulignant la dégradation de son segment principal. Cristelle Noirhomme a indiqué que l’entité belge affichait une baisse de 15 % de son chiffre d’affaires sur les deux derniers exercices, sur fond de résultats trimestriels décevants pour la division vaccins.

les succès du passé ne sont d’aucune manière les garants des succès du futur
Cristelle Noirhomme
L’administratrice a rappelé que les cycles de développement des vaccins s’étalent sur de longues périodes, nécessitant dix à quinze années entre l’idée initiale et la commercialisation. Face à une concurrence internationale de plus en plus agressive, notamment en provenance de Chine, le groupe justifie son plan par un manque de compétitivité persistant en Belgique et en Europe.
Le rapport de l’Institut Athéna sur les aides publiques
La question des subsides accordés au groupe a cristallisé les débats. Selon un rapport publié par l’Institut Athéna, GSK a bénéficié d’au moins 3,4 milliards d’euros de soutien public entre 2019 et 2025. Sur la même période, la société s’est acquittée de 1,4 milliard d’euros d’impôts, affichant un taux d’imposition effectif moyen de 9 % sur ses bénéfices.
Rapportés à l’emploi, cela implique qu’en moyenne, sur six années, chaque emploi chez GSK a été subsidié à hauteur de 62.000 euros par an, soit l’équivalent de 45% des frais salariaux de l’entreprise.
Institut Athéna
L’analyse précise que la déduction pour revenus d’innovation constitue la principale source de ce soutien, à hauteur de près de 2,7 milliards d’euros. Le collectif d’experts relève en outre que sans ces aides, l’entreprise aurait maintenu un taux de rentabilité moyen de 10,5 % et des bénéfices après impôts évalués à 13,9 milliards d’euros sur la période.

La défense des incitants fiscaux par la direction
Interrogée sur ces flux financiers, la direction de la filiale a rejeté le terme d’aides directes discrétionnaires.
GSK ne perçoit pas des aides publiques. Il n’y a pas eu de versement à l’entreprise. Mais on ne nie pas qu’on utilise des incitants fiscaux.
Cristelle Noirhomme
Ces mécanismes, accessibles selon la direction à toute entreprise ou institution de recherche respectant des critères stricts, visent à stimuler l’investissement en recherche, en production ou en transition énergétique. Cristelle Noirhomme a souligné que la présence de l’entreprise dans le pays s’est construite sur plusieurs décennies, passant de quelques centaines de collaborateurs à un effectif qui dépassera sept mille postes, selon Lalibre.
Les prochaines étapes des négociations syndicales
Les délégations syndicales, également entendues par les députés, réclament une plus grande transparence sur l’attribution des subsides publics et demandent que ces derniers soient subordonnés au maintien de l’emploi. Le dialogue social doit se poursuivre avec un premier conseil d’entreprise fixé au 10 novembre 2026.
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