Le Théâtre Habima adapte l’histoire de Keith et Aviva Siegel

Trois ans après le 7 octobre, les survivants des enlevés Keith et Aviva Siegel découvrent leur histoire portée sur la scène du Théâtre National Habima dans la pièce « Amour au bout du tunnel », interprétée par Moni Moshonov et Sandra Sadeh.

Le projet réunit des figures majeures de la scène culturelle israélienne et des personnalités engagées de longue date auprès des familles d’otages. Écrite par Michal Aharoni, mise en scène par Ilail Semel et initiée par Eitan Schwartz, fondateur du projet international de mémoire du 7 octobre, la pièce a fait l’objet d’une lecture dramatisée présentée au public.

Des répétitions sous les yeux de Keith et Aviva Siegel à Habima

Kidnappés à leur domicile de Kfar Aza le 7 octobre, Keith et Aviva ont assisté aux répétitions pour découvrir les comédiens incarnant leur propre vécu sur scène. Dans l’ambiance intime de la salle de répétition du Théâtre Habima, le couple formé par Moni Moshonov et Sandra Sadeh a donné vie aux personnages inspirés du parcours des époux Siegel.

Le Théâtre Habima adapte l'histoire de Keith et Aviva Siegel
Photo : ynet.co.il

L’œuvre ne cherche pas à restituer la chronologie historique de la journée sous un angle strictement documentaire. Elle choisit de se concentrer sur l’intimité d’un couple uni depuis plus de quarante ans, confronté à la rupture brutale de l’enlèvement et à la survie psychologique en captivité.

“Je sens un privilège immense depuis le moment où Eitan et Michal m’ont approché pour proposer que nous fassions partie de ce projet. Nous racontons notre histoire partout dans le pays et à l’étranger, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle devienne une pièce de théâtre.”

Keith Siegel, survivant de captivité, via Ynet

Libérée après cinquante et un jours dans le cadre du premier accord de cessez-le-feu, Aviva Siegel a consacré son temps à militer pour le retour des autres otages, rencontrant notamment les dirigeants internationaux, tout en mesurant la valeur de ce travail de mémoire pour l’ensemble de la société.

Le Théâtre Habima adapte l'histoire de Keith et Aviva Siegel
Photo : 13TV

Le choix artistique de la mise en scène et la musique de Tal Blechrovitz

Accompagnée par la création musicale de Tal Blechrovitz, la mise en scène s’articule autour d’un dialogue constant entre les deux protagonistes, tantôt réunis, tantôt séparés par l’espace scénique.

“Le 7 octobre est une blessure saignante pour nous tous. Je pense que la manière dont nous faisons de l’art pour tenter de comprendre ce qui nous est arrivé fait partie de notre processus de guérison.”

Ilail Semel, metteuse en scène, via Ynet

Moni Moshonov et Sandra Sadeh, qui soutiennent activement le mouvement pour la libération des otages depuis le début du conflit, ont salué la générosité des témoins.

Le spectacle s’inscrit dans la mémoire collective

Pour le public et les créateurs, la pièce représente un pont entre la tragédie nationale et les destins individuels. Alors que les époux Siegel résident désormais dans un kibboutz du nord du pays, leur démarche artistique confirme leur volonté de transmettre l’histoire de cette épreuve aux jeunes générations, tout en maintenant l’exigence d’un retour pour les personnes n’ayant pas encore regagné leur foyer.

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