Benjamin Davis conteste son licenciement de la FAO après avoir évoqué Gaza

Benjamin Davis, un ancien directeur de la Food and Agriculture Organization (FAO), a contesté son licenciement après 26 ans de service. Il affirme avoir été évincé pour avoir dénoncé la crise de la faim à Gaza, tandis que la direction de l’agence onusienne évoque des manquements aux règles d’impartialité.

L’affaire secoue l’organisation basée à Rome depuis le départ effectif du fonctionnaire le 30 septembre 2026. Benjamin Davis, âgé de 62 ans et possédant la double nationalité espagnole et américaine, occupait les fonctions de directeur de la division de la transformation rurale et de l’égalité des genres. Il a été informé en juillet que son contrat renouvelable ne serait pas reconduit, une décision prise à la demande directe du directeur général de la FAO, Qu Dongyu, selon les documents consultés par l’agence Reuters.

Les motifs officiels du licenciement face à la défense de Benjamin Davis

Les services de la FAO reprochent au haut fonctionnaire d’avoir enfreint les normes de la fonction publique internationale, qui imposent aux fonctionnaires une stricte impartialité et des limites en matière d’expression publique sur des sujets controversés. Les lettres officielles citent le code de conduite régissant l’honnêteté, la véracité et l’incorruptibilité des agents onusiens.

Benjamin Davis conteste son licenciement de la FAO après avoir évoqué Gaza
Photo : Theguardian

L’intéressé rejette catégoriquement ces accusations et a officialisé son recours devant les instances internes de l’organisation. Pour appuyer son action en justice, il demande non seulement sa réintégration, mais aussi l’annulation des griefs formulés à son encontre. Il a précisé avoir déposé sa démarche principalement par principe, sans rechercher de compensation pécuniaire, et avoir fait l’objet de mesures disciplinaires sans respect d’une procédure contradictoire pour s’être exprimé sur le droit à l’alimentation.

Benjamin Davis a déclaré : « J’ai le sentiment qu’il s’agit d’une terrible injustice. »

Le nœud du conflit autour de la crise humanitaire à Gaza et des rassemblements

Le litige trouve en réalité son origine dans les prises de position publiques et les travaux menés par l’équipe de Benjamin Davis concernant les conditions alimentaires dans l’enclave palestinienne. En mai 2025, sa division avait rédigé un rapport signalant que la situation à Gaza constituait une violation flagrante du droit à l’alimentation et entravait l’aide humanitaire. Ce document avait été retiré du site officiel de l’organisation quelques semaines plus tard sur ordre de la direction, tandis que les équipes techniques s’étaient vu interdire toute mention du droit international humanitaire.

Des centaines d’employés s’étaient réunis dans l’enceinte de la FAO pour observer des moments de recueillement en hommage aux victimes de la faim, dans un contexte où un système de surveillance alimentaire international avait acté l’état de famine dans le territoire en août 2025. Ces rassemblements avaient notamment provoqué des plaintes de la mission israélienne à Rome, un diplomate ayant été aperçu en train de photographier les participants.

Les déclarations du directeur général Qu Dongyu et la fronde du personnel

La controverse a pris une tournure publique lorsque le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a pris la parole lors d’une conférence pour justifier le départ d’un collaborateur non nommé, l’accusant d’avoir mené un jeu politique.

Benjamin Davis conteste son licenciement de la FAO après avoir évoqué Gaza
Photo : timesofisrael.com

Le chef de l’agence a ajouté que si les droits humains revêtaient une importance capitale, des agences spécialisées basées à Genève disposaient de cette compétence exclusive, enjoignant les contestataires à s’y rendre s’ils souhaitaient s’y consacrer. Il a également brandi la menace de nouvelles sanctions disciplinaires en cas de non-respect des règlements intérieurs, affirmant qu’il n’hésiterait pas à écarter d’autres collaborateurs s’ils venaient à transgresser le cadre légal de l’institution.

Malgré ces avertissements, une foule importante de salariés s’est rassemblée au siège de Rome pour applaudir chaleureusement Benjamin Davis lors de son départ, témoignant des tensions internes palpables au sein de l’agence onusienne.

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