L’administration fédérale mexicaine a fermement rejeté l’existence d’une crise structurelle à l’aéroport international de Tulum, attribuant les récentes suspensions de vols à la saison creuse et à des choix commerciaux, tandis que le trafic aérien régional fait face à un net ralentissement.
Les départs de compagnies et les pressions financières sur le trafic aérien
Le secteur aérien du Caribe mexicano traverse une période de turbulences marquée par des ajustements de routes et une contraction visible des déplacements. À l’aéroport international de Tulum Felipe Carrillo Puerto, la baisse du trafic passagers a atteint 34 % entre janvier et août de cette année par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données publiées par ElPipilaMX sur la base de statistiques aéroportuaires. Cette tendance s’accompagne d’une vague de retraits : Aeroméxico a suspendu ses opérations le 30 septembre, tandis que Volaris a confirmé qu’elle mettrait un terme à ses vols vers la plateforme à partir du 7 janvier 2027.
D’autres compagnies internationales, à l’instar de JetBlue, Avianca, Copa Airlines et Discover Airlines, figurent également parmi les transporteurs ayant opté pour un retrait. Pour les spécialistes du secteur, ces décisions traduisent la fragilité de la rentabilité des liaisons face aux contraintes économiques. ElPipilaMX relève que la sortie d’American Airlines, programmée pour janvier 2027, constitue un signal d’alarme supplémentaire pour la connectivité transfrontalière.

À ces départs s’ajoutent des coûts opérationnels jugés lourds par les compagnies. La plateforme de Tulum applique une Tarifa de Uso Aeroportuario (TUA) particulièrement élevée, combinée au coût du carburant et aux services de navigation. Les voyageurs étrangers subissent en outre une charge fiscale importante incluant le droit de non-résident, ce qui pèse sur la compétitivité du site face à d’autres destinations concurrentes dans la région, d’après les analyses rapportées par Palco Noticias.
La position officielle et la riposte du Groupe Mundo Maya
Face aux alarmes soulevées par la réduction des fréquences, l’exécutif fédéral et les responsables de la gestion aéroportuaire rejettent l’idée d’un effondrement structurel. Lors de la conférence de presse matinale à Palacio Nacional, la présidente Claudia Sheinbaum a attribué le retrait d’Aeroméxico à la cherté du carburant et à des arbitrages de stratégie commerciale, tout en balayant d’un revers de main l’hypothèse de préoccupations sécuritaires. Il est faux qu’Aeroméxico s’est retiré en raison de problèmes de sécurité, ou parce que ses vols ne sont pas rentables, ou que Tulum ne l’est pas. Il y a toujours beaucoup de touristes et, maintenant que toute la question du parc sera réglée pour un accès libre depuis l’entrée principale, la zone archéologique va également se redresser
, a déclaré la cheffe de l’État, relayée par La Jornada et Reforma.
De son côté, Ricardo Flores González, directeur général du Grupo Mundo Maya — l’entreprise publique sous tutelle de la Secretaría de la Defensa Nacional qui administre la plateforme —, a insisté sur le caractère purement saisonnier de la baisse. Je peux vous dire que nous traversons actuellement une saison touristique basse. Et la haute saison arrive, de novembre à mars, et nous avons déjà de nombreuses opérations ou réservations auprès d’autres compagnies aériennes
, a affirmé le dirigeant dans des propos rapportés par Milenio et Reforma.
Le Grupo Mundo Maya a réitéré son engagement envers la connectivité aérienne et le développement économique de la région du Sud-Est, tout en maintenant des normes élevées d’efficacité et de sécurité, selon un communiqué officiel relayé par Milenio.
Les perspectives de reprise pour la saison hivernale
Les autorités misent sur l’ouverture de la haute saison touristique pour inverser la tendance et redynamiser les flux. À partir du 24 octobre, plusieurs transporteurs internationaux s’apprêtent à réactiver leurs liaisons. Les compagnies canadiennes Air Canada, WestJet et Air Transat relanceront leurs vols vers la zone à compter de fin octobre pour les maintenir jusqu’en mars 2027, prévoyant plus de 710 opérations internationales sur cette période, selon les informations diffusées par BajaNews.
Dans le même temps, les liaisons transfrontalières assurées par les transporteurs américains affichent des ambitions de croissance. Delta, United et American doublent presque leurs opérations. Le marché canadien est passé de 101 959 passagers entre janvier et avril 2026 lors de la saison précédente ; Toronto est en hausse de 14,8 %, Montréal de 5,3 %, Calgary de 103,2 %, et Mexicana augmente ses fréquences
, a souligné Claudia Sheinbaum selon les retranscriptions de La Jornada et Reforma. L’administration anticipe ainsi une augmentation de 93 pour cent des opérations de Delta Airlines, United Airlines et American Airlines entre novembre 2026 et mars 2027, portant le volume de ces trois compagnies de 552 à mil 064 vols programmés.
Les répercussions locales et les mesures correctives engagées
Pour soutenir l’attractivité du pôle touristique, le gouvernement fédéral et les instances de l’État ont mis en place le plan de relance baptisé « Tulum Renace ». Ce dispositif intègre des aménagements tarifaires pour l’accès au site archéologique, la gratuité de l’entrée au Parque del Jaguar depuis son accès principal, ainsi que des actions de promotion destinées à stimuler la demande sur les marchés nationaux et internationaux, conformément aux précisions apportées par Quinta Fuerza et Galu Comunicación.
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