Plus de 1 000 adaptations génétiques spécifiques à chaque espèce séparent le cœur humain de celui des primates non humains, selon une étude menée par des chercheurs du Centre Max Delbrück en Allemagne. Ces travaux révèlent des différences fondamentales dans l’expression des gènes.
Bien que les humains partagent environ 98 à 99 % de leur ADN avec les chimpanzés, les variations physiques entre les espèces persistent. Selon Sciencepost, la clé de ces différences réside dans la régulation de l’expression des gènes, c’est-à-dire la manière dont les cellules activent ou désactivent des instructions précises au sein de l’ADN à différents moments.
Les chercheurs examinent les échantillons tissulaires du Centre Max Delbrück
Pour comprendre ce qui sépare réellement le cœur humain de celui des autres primates, l’équipe de recherche du Centre Max Delbrück a examiné des échantillons de tissus cardiaques provenant de plusieurs espèces, notamment des chimpanzés, des macaques, des humains, des rats et des souris. Les chercheurs ont eu recours à des technologies de pointe en biologie moléculaire.
Le séquençage de l’ARN et la méthode Ribo-seq analysent les molécules
Le séquençage de l’ARN et la méthode Ribo-seq, qui analyse les ribosomes impliqués dans la fabrication des protéines, ont permis d’examiner les molécules présentes dans les tissus. D’après Sciencepost, ces travaux ont mis au jour plus de 1 000 adaptations génétiques spécifiques à chaque espèce, dont 551 gènes et 504 microprotéines propres au cœur humain. Certains de ces gènes montrent des signes de dérégulation dans des pathologies telles que la cardiomyopathie dilatée.
L’évolution cardiaque répond aux contraintes de la bipédie
L’étude montre comment l’organe cardiaque a évolué pour s’adapter aux besoins spécifiques de chaque espèce. Par exemple, les macaques ont un rythme cardiaque plus rapide, ce qui leur permet de réagir promptement à leur environnement. À l’inverse, le mode de vie humain, caractérisé par la bipédie et des activités nécessitant moins de rythmes rapides, a favorisé un cœur fonctionnant de manière plus efficace avec un rythme plus lent.
Cependant, ces mêmes adaptations peuvent fragiliser l’organisme. Selon les chercheurs cités par Sciencepost, la dérégulation de gènes essentiels au fonctionnement cardiaque humain accroît la vulnérabilité face à des affections comme la cardiomyopathie dilatée, qui altère la capacité du cœur à pomper le sang efficacement.
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