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L’arrivée de Krispy Kreme en France : l’essor de la restauration rapide et ses implications socio-économiques

L’arrivée de Krispy Kreme en France : l’essor de la restauration rapide et ses implications socio-économiques

Au cœur du forum parisien des Halles, d’immenses donuts se dressent sur une façade blanche, accompagnés de slogans humoristiques, comme celui-ci : « Macaron, démission ! » Nour et Chloé, deux étudiantes de 21 ans, éclatent de rire en les découvrant : « C’est drôle, on adore. » Le 6 décembre, la chaîne américaine Krispy Kreme ouvrira ici son premier point de vente en France. Tout un symbole.

« Ce sera le temple du donut, sur 550 mètres carrés »s’enorgueillit Alexandre Maizoué, directeur général de la filiale française. Celle-ci n’a pas choisi les Halles par hasard : « C’est un lieu d’hyperflux où convergent travailleurs, étudiants et touristes : idéal pour la restauration rapide. » De fait, les grandes enseignes américaines, McDonald’s, Burger King ou encore KFC, sont toutes présentes dans le quartier − où Nour et Chloé, comme beaucoup de jeunes, retrouvent leurs amis pour « faire le plein de burgers ».

« Lieux de sociabilité, épicentre des nouvelles habitudes alimentaires, les fast-foods sont un laboratoire idéal pour étudier nos modes de vie et ce qui se passe dans nos villes depuis quarante ans »observe Luc Gwiazdzinski, géographe et spécialiste de l’espace urbain à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse.

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De fait, la restauration rapide est entrée dans les mœurs tricolores depuis l’arrivée du premier McDo, en 1972. « Parce que nous sommes toujours plus pressés et ne rentrons plus chez nous pour déjeuner »résume Eric Birlouez, sociologue de la restauration. Tout en soulignant que du poke bowl aux pizzas en passant par les tacos et les onigiris, l’offre de ces enseignes est de plus en plus diversifiée. Et loin de se résumer à la malbouffe.

« Une place importante dans l’offre alimentaire »

En dépit de certaines imprécisions − les établissements sont parfois mal répertoriés et leurs fermetures pas toujours prises en compte −, la base de données Sirene, de l’Insee, montre que leur nombre dépasse désormais celui des restaurants traditionnels dans beaucoup de villes, comme Marseille ou Nantes. Mais aussi, dans certains quartiers du nord de Paris, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, où les revenus médians sont peu élevés.

« En Ile-de-France, les quartiers prioritaires de la politique de la ville sont ceux où les fast-foods occupent une place importante dans l’offre alimentaire », explique Capucine Frouin, docteure en urbanisme de l’université Paris-Est Créteil, qui travaille sur ces questions. Ce n’est pas tout, ajoute-t-elle : « Les commerces de fruits et légumes frais y sont aussi moins nombreux, l’environnement alimentaire y est moins favorable à la santé. » A l’exemple des quartiers des Quatre-Chemins, à Pantin (Seine-Saint-Denis), des Cinéastes et de la Plaine, à Epinay-sous-Sénart (Essonne), ou encore de Bobigny.

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