La surveillance des incendies de forêt franchit une étape décisive grâce à l’intégration d’un script de visualisation par Simon Proud de l’Agence spatiale européenne dans le navigateur Copernicus. Cette mise à jour s’ajoute aux outils mondiaux de la NASA et aux systèmes sophistiqués d’imagerie géostationnaire utilisés pour suivre l’évolution rapide des feux.
L’intégration de l’imagerie Sentinel-2 dans le navigateur Copernicus
Les utilisateurs devaient auparavant ajouter manuellement un script de visualisation personnalisé aux sessions du navigateur Copernicus en copiant et collant le code. Grâce à l’initiative de Simon Proud, spécialiste de mission pour Sentinel-2 à l’Agence spatiale européenne, cette configuration technique appartient désormais au passé. L’intégration officielle de ce script par l’Agence spatiale européenne a été annoncée directement sur un serveur Discord animé par le groupe de journalisme d’investigation Bellingcat, simplifiant l’accès à des données indispensables pour cartographier les catastrophes.
Ce service satellite gratuit fournit une imagerie d’une résolution spatiale atteignant dix mètres dans certaines bandes spectrales. Bien que les images ne soient actualisées que tous les quelques jours, cette précision surpasse largement les alternatives géostationnaires et fait de ce dispositif un outil public disponible pour observer les feux de végétation et les zones de conflit.
L’arsenal mondial de surveillance par satellites et ses défis techniques
La détection des incendies repose sur une balance délicate entre la résolution spatiale et la fréquence des observations. Les satellites géostationnaires, qui orbitent en synchronisation avec la Terre, offrent une couverture continue avec des images actualisées toutes les dix à quinze minutes. Les modèles de Google s’appuient ainsi sur les satellites GOES-16 et GOES-18 en Amérique du Nord, ainsi que Himawari-9 et GK2A en Australie, pour alimenter les recherches et les cartes en temps réel.
Cependant, déterminer la limite exacte d’un sinistre reste complexe en raison des panaches de fumée, des nuages et des phénomènes météorologiques. Pour contourner ces obstacles, les chercheurs exploitent les fréquences infrarouges, en particulier la bande autour de 3,85 micromètres. Les incendies émettent des rayonnements intenses dans cette plage, capables de traverser les fumées épaisses avec un minimum de distorsion, révélant la véritable forme de l’anneau de combustion sous les nuages de fumée.
La complémentarité des données FIRMS et des agences internationales
Sur un autre front, le système FIRMS de la NASA met à disposition des cartes mondiales d’incendies détectés par les capteurs MODIS et VIIRS. Ces données actualisées en quelques heures offrent une couverture globale, bien que leur résolution soit plus grossière, se limitant à environ 250 mètres. La politique de données ouvertes de l’agence américaine NASA permet à des gouvernements et des organisations non gouvernementales du monde entier d’exploiter ces flux thermiques.


Le Service forestier des États-Unis intègre ces informations dans son programme de cartographie active. Brad Quayle, responsable du programme au Centre des technologies et applications géospatiales, souligne la fiabilité de ces flux en affirmant qu’ils n’ont jamais à s’inquiéter des lacunes dans la disponibilité des données. Brad Quayle, responsable du programme de diagnostic et des services de perturbation au Service forestier des États-Unis, via Earthdata Des organisations comme Conservation International et le World Resources Institute utilisent également ces signaux pour surveiller la déforestation illégale et protéger les zones boisées vulnérables contre les feux d’origine humaine.
Des saisons de feux aggravées par le changement climatique
Ces innovations technologiques interviennent alors que les saisons des incendies s’intensifient à travers la planète sous l’effet de la hausse des températures mondiales. De vastes régions de l’État de Washington et de l’Oregon subissent des épisodes de fumée intense, la saison canadienne s’annonce comme l’une des plus destructrices de son histoire, et les équipes de secours continuent de lutter en Espagne et en France au milieu d’évacuations massives.
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