La livre sterling et l’euro reculent face à un dollar renforcé par des commentaires restrictifs de responsables de la Réserve fédérale, tandis que les cours du pétrole franchissent la barre des 100 dollars sur fond d’escalade des tensions au Moyen-Orient et que les marchés surveillent de près les décisions des banques centrales.
Les marchés des changes internationaux subissent de fortes turbulences, pris en étau entre la vigueur renouvelée du billet vert et la flambée des cours de l’énergie. La livre sterling et l’euro ont tous deux cédé du terrain face au dollar, portés par des anticipations monétaires divergentes et un contexte géopolitique de plus en plus tendu au Moyen-Orient.
La Réserve fédérale et la force du dollar
Les analystes attribuent ce mouvement non pas à des facteurs purement domestiques, mais à l’influence prépondérante de la politique monétaire américaine.
Francesco Pesole, stratégiste en change chez ING, a indiqué que les commentaires belliqueux de la Fed constituaient toutefois le facteur le plus déterminant.
Plusieurs responsables de la banque centrale américaine ont d’ailleurs affiché des positions strictes. Le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, a mis en garde contre des chocs d’offre persistants combinés à une forte consommation, tandis qu’Alberto Musalem, à la tête de la Fed de Saint-Louis, a plaidé pour un resserrement graduel et préventif.
Le pétrole au-delà de 100 dollars et l’impact géopolitique
Cette dynamique monétaire coïncide avec un choc énergétique majeur. Les contrats à terme sur le Brent ont franchi le seuil psychologique des 100 dollars le baril pour atteindre un sommet de séance à 100,95 dollars, d’après les analyses publiées par Zonebourse. Cette envolée fait suite à des informations selon lesquelles l’Iran aurait tiré des missiles balistiques sur une base américaine en Jordanie, ravivant les craintes d’une perturbation durable de l’approvisionnement régional.
Les marchés actions mondiaux ont immédiatement réagi à cette escalade. L’indice paneuropéen STOXX 600 a reculé de 1,5 %, pénalisé par les valeurs bancaires et industrielles. Pour autant, certains experts appellent à nuancer l’impact immédiat de ce seuil énergétique. Manish Kabra, stratège multi-actifs chez Societe Generale, a ainsi rappelé que le point mort des prix du pétrole pour les marchés développés se situe bien plus haut, estimant qu’un baril à 150 dollars serait nécessaire pour provoquer un coup d’arrêt majeur au cycle de la demande.
Perspectives pour la livre sterling et l’euro face aux banques centrales
Du côté de la zone euro, la Banque centrale européenne s’apprête à statuer sur ses taux directeurs, les marchés anticipant largement un relèvement d’un quart de point pour les porter à 2,5 %. Zonebourse rapporte que l’euro s’est stabilisé autour de 85,89 pence, tandis que la livre sterling tente de maintenir ses positions avant les prochaines données économiques majeures au Royaume-Uni, notamment le produit intérieur brut et les chiffres de l’inflation.
Cependant, les stratégistes se montrent prudents. George Vessey, stratège principal FX et macro chez Convera, souligne qu’une perte de vitesse de l’économie britannique pourrait rapidement éroder l’avantage de rendement de la livre. Les investisseurs tournent désormais leur regard vers les indicateurs d’inflation à venir aux États-Unis, qui scelleront ou infirmeront les paris d’un nouveau resserrement de la Réserve fédérale.
À lire aussi