Chine : Le soutien à Poutine menace les intérêts nationaux, un parallèle historique alarmant
Washington – un expert en sécurité nationale met en garde contre une potentielle répétition des erreurs du passé, alors que la Chine continue de soutenir la Russie dans son conflit en Ukraine. Cipher Joseph Detrani, dans une analyse publiée initialement par le Washington Times, souligne que l’histoire offre une leçon cruciale : le soutien chinois à l’Afghanistan dans les années 1980 a joué un rôle déterminant dans l’affaiblissement et la chute de l’Union soviétique.
Selon Detrani, la Chine a contribué de manière significative à la défaite soviétique en Afghanistan, poussant Mikhaïl gorbatchev à retirer ses troupes en 1988. L’Afghanistan, décrit par Gorbatchev comme une “blessure saignante”, a contribué à la désintégration de l’URSS en 1991 et à la fin de la Guerre Froide.
L’analyste avertit que l’alignement actuel de la chine avec une Russie aux ambitions revanchistes pourrait s’avérer contre-productif. La Chine a connu une croissance économique et militaire spectaculaire depuis la normalisation de ses relations avec les États-unis en 1979, une relation qui a été un moteur essentiel de son essor économique, la propulsant au rang de deuxième puissance économique mondiale.
“Une relation étroite avec une Fédération de Russie Revanchiste n’est pas dans l’intérêt de la Chine,” affirme Detrani. Le soutien de la Chine aux pays du Sud et son initiative “Belt and Road” reposent sur le principe de la souveraineté et de l’indépendance, des valeurs qui pourraient être compromises par un partenariat avec un régime agressif comme celui de Poutine.
Contexte et implications à long terme :
La situation actuelle rappelle les dynamiques géopolitiques de la Guerre Froide, avec le risque d’une nouvelle division du monde. Le soutien chinois à la Russie, bien que subtil, est crucial pour l’économie russe, lui permettant de contourner les sanctions occidentales et de poursuivre son effort de guerre en Ukraine.
Cette alliance soulève des questions fondamentales sur les priorités stratégiques de la Chine. Choisira-t-elle de préserver ses intérêts économiques et sa position internationale en se distançant de Moscou, ou continuera-t-elle à soutenir un régime qui pourrait à terme déstabiliser l’ordre mondial et, par conséquent, nuire à ses propres ambitions ?
L’avenir des relations sino-russes, et par extension, l’équilibre géopolitique mondial, dépendront de la capacité de la Chine à tirer les leçons de l’histoire et à agir en fonction de ses propres intérêts à long terme. La question de savoir si Pékin comprendra la leçon de l’Afghanistan reste ouverte, mais les enjeux sont considérables.
