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Iran tempère : accord avec les États-Unis pas imminent malgré des progrès

Un cessez-le-feu de 60 jours et le détroit d'Ormuz au cœur des négociations

Les négociations secrètes entre Téhéran et Washington sur un accord de cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz avancent par à-coups, mais un accord final n’est pas pour demain. Alors que les marchés pétroliers frémissent et que les critiques internes aux États-Unis s’intensifient, l’incertitude règne sur les prochaines étapes d’un dossier où chaque mot compte.

L’Iran a officiellement tempéré les espoirs d’une conclusion rapide des discussions avec les États-Unis, malgré des progrès significatifs sur une partie des sujets en débat. Dans une déclaration ce lundi 25 mai depuis Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmail Baghaei, a précisé que “une grande partie des questions en discussion a trouvé une conclusion”, mais a immédiatement ajouté que “cela ne signifie pas pour autant que la signature d’un accord soit imminente”. Une nuance cruciale, alors que les marchés financiers et certains acteurs politiques américains semblaient déjà tabler sur une annonce rapide.

La prudence iranienne contraste avec les signaux plus optimistes émis par Washington ces derniers jours. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait encore évoqué lundi la possibilité d’une annonce “peut-être aujourd’hui”, tout en tempérant les attentes : “Je ne faudrait pas trop y lire”, avait-il prévenu, soulignant que “ça prend un peu de temps pour avoir une réponse de la part de l’Iran”. Une déclaration qui reflète les tensions internes au sein de l’administration américaine, où certains cercles craignent une précipitation.

“Il est exact de dire que nous avons trouvé une conclusion sur une grande partie des questions en discussion. Mais affirmer que cela signifie que la signature d’un accord est imminente – personne ne peut faire une telle affirmation.”

Un cessez-le-feu de 60 jours et le détroit d’Ormuz au cœur des négociations

Si les contours d’un accord commencent à se dessiner, les détails restent flous. Selon les informations relayées par plusieurs médias américains, dont Yahoo News, le texte en discussion prévoirait une extension de 60 jours du cessez-le-feu actuel, la réouverture du détroit d’Ormuz – cette artère stratégique par où transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial – ainsi qu’un cadre pour de nouvelles négociations sur le programme nucléaire iranien. Un document qui, selon les sources, ne représente pas un accord définitif, mais plutôt une trêve permettant de désamorcer les tensions immédiates.

Cette perspective a déjà des conséquences concrètes : les cours du pétrole ont chuté lundi sur les marchés asiatiques, tandis que les Bourses régionales ont connu une hausse significative, reflétant l’optimisme des investisseurs face à une possible détente géopolitique. Mais derrière ces mouvements boursiers, les enjeux stratégiques restent immenses. Le détroit d’Ormuz, sous contrôle iranien depuis plusieurs mois, est devenu un point de tension majeur, avec des risques de blocage pouvant paralyser une partie des approvisionnements mondiaux en énergie.

Pour Esmail Baghaei, la réouverture du détroit représente l’un des éléments les plus avancés des discussions : “Nous avons, ce qui me semble être une proposition solide sur leur capacité à rouvrir les détroits”, a-t-il déclaré, sans pour autant confirmer que cet aspect était définitivement acté. Une prudence qui s’explique par le contexte : depuis le début du conflit, l’Iran a utilisé à plusieurs reprises la menace de blocage du détroit comme levier de négociation, tout en maintenant une position intransigeante sur d’autres sujets, notamment le programme nucléaire.

L’administration Trump divisée : entre optimisme et critiques virulentes

À Washington, les réactions à ces négociations sont aussi contrastées que les signaux émis par l’administration. Alors que certains membres du gouvernement semblent déterminés à conclure un accord, d’autres y voient une capitulation face à Téhéran. L’ancien président Donald Trump, toujours influent au sein du Parti républicain, avait encore alimenté les spéculations en déclarant dimanche que les négociations étaient “presque terminées”, avant de se rétracter partiellement en appelant à “ne pas se précipiter”. Une volte-face qui illustre les divisions internes au sein des cercles pro-américains.

“Je ne lirais pas trop dans ces rumeurs. Ça prend un peu de temps pour avoir une réponse de la part de l’Iran.”

Marco Rubio, secrétaire d’État américain, à Delhi le 25 mai 2026

L'administration Trump divisée : entre optimisme et critiques virulentes
cluster (priority): ca.news.yahoo.com

Les critiques ne se sont pas faites attendre. Le sénateur Ted Cruz a qualifié un éventuel accord de “grave erreur”, tandis que Roger Wicker, président de la commission des Forces armées du Sénat, a dénoncé un risque de “gâchis total” pour les efforts américains dans la région, faisant référence à l’opération “Epic Fury” – une série de frappes ciblées contre des infrastructures iraniennes menées en début d’année. Lindsey Graham, allié historique de Trump, a pour sa part interrogé la légitimité même du conflit : “Ça fait se demander pourquoi la guerre a commencé en premier lieu.”

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Face à ces attaques, Trump a réagi avec son habituelle agressivité verbale, qualifiant ses détracteurs de “perdants” et affirmant que “l’accord avec l’Iran sera soit excellent, soit il n’y aura aucun accord”. Une position qui reflète la stratégie du magnat de la politique : soit tout, soit rien. Mais derrière cette posture, les analystes soulignent que les États-Unis ont peu de marge de manœuvre. Sans accord, le risque d’escalade militaire reste élevé, tandis qu’un texte trop favorable à Téhéran pourrait affaiblir la crédibilité de Washington au Moyen-Orient.

Le facteur Khamenei : l’incertitude qui pèse sur les négociations

Derrière les déclarations officielles, un élément clé explique les retards répétés : la santé et la disponibilité du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. Selon des informations relayées par la BBC, basées sur des sources de renseignement américaines, Khamenei – blessé lors d’une frappe israélienne en début de conflit qui a coûté la vie à son père et prédécesseur – serait actuellement isolé dans un lieu non divulgué. Cette situation compliquerait les communications avec ses envoyés et ralentirait le processus décisionnel à Téhéran.

Donald Trump tempère les espoirs d'un accord rapide avec l'Iran • FRANCE 24

Cette incertitude sur la chaîne de commandement iranienne ajoute une couche de complexité aux négociations. À Téhéran, les déclarations officielles restent prudentes, comme celle d’Esmail Baghaei, qui insiste sur le fait que “personne ne peut affirmer que la signature est imminente”. Une formulation qui laisse la porte ouverte à de nouveaux rebondissements, alors que les États-Unis semblent pressés de concrétiser un accord avant que les marchés ne perdent patience.

Les analystes rappellent que les précédents cycles de négociations entre Washington et Téhéran ont souvent été marqués par des faux espoirs suivis de nouvelles tensions. En 2015, l’accord sur le nucléaire avait mis des années à se finaliser, avec des phases de rupture et de relance. Aujourd’hui, le contexte est encore plus explosif, avec une guerre indirecte entre Israël et l’Iran, et une région où les alliances sont fragiles. La question n’est donc pas seulement de savoir si un accord sera signé, mais sous quelles conditions et avec quelles garanties de respect mutuel.

Les sujets sensibles qui attendent encore leur tour

Même si les contours d’un accord de cessez-le-feu et de réouverture du détroit d’Ormuz semblent se préciser, plusieurs dossiers épineux restent en suspens. Selon les informations recueillies par Yahoo News, les négociations laissent de côté les questions les plus délicates : l’étendue et le calendrier de la levée des sanctions contre l’Iran, le dégel des fonds iraniens gelés à l’étranger, et surtout, les exigences américaines concernant la limitation du programme nucléaire iranien. Des sujets où les positions sont radicalement opposées et qui pourraient faire échouer toute tentative de compromis.

L’Iran exige une levée totale des sanctions en échange de concessions limitées sur son programme nucléaire, tandis que Washington demande des vérifications intrusives et une réduction significative des capacités d’enrichissement. Sans avancée sur ces points, tout accord sur le cessez-le-feu risquerait d’être perçu comme une victoire à la Pyrrhus par les deux parties. À Téhéran, les durs du régime pourraient dénoncer une trahison, tandis qu’à Washington, les faucons politiques accuseraient l’administration de faiblesse.

Les sujets sensibles qui attendent encore leur tour
cluster (priority): aljazeera.com

This follows our earlier report, Trump annonce un accord avec l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz.

Un autre point de friction concerne le calendrier. Même si un accord était signé aujourd’hui, ses effets ne seraient pas immédiats. La levée des sanctions prendrait des semaines, voire des mois, à se concrétiser, tandis que la réouverture du détroit d’Ormuz dépendrait de la bonne volonté des gardiens de la révolution iraniens – une institution connue pour son indépendance vis-à-vis du gouvernement. Dans ce contexte, les déclarations optimistes de Marco Rubio ou les mises en garde de Ted Cruz prennent une dimension particulière : personne ne sait encore si cet accord, s’il vient, tiendra sur la durée.

Et maintenant ? Trois scénarios pour les prochains jours

Alors que les marchés attendent des nouvelles et que les capitales s’impatientent, trois scénarios semblent se dessiner pour les prochains jours. Le premier, le plus optimiste, voit un accord partiel signé d’ici la fin de la semaine, avec une réouverture progressive du détroit d’Ormuz et un gel des hostilités. Ce scénario suppose une convergence des positions sur les questions de sécurité énergétique, sans pour autant régler les différends structurels.

Le deuxième scénario, plus probable selon les analystes, est celui d’un report des négociations. Les sources américaines évoquent des retards liés à la communication avec le guide suprême Khamenei, mais aussi à des divergences persistantes sur les sanctions et le nucléaire. Dans ce cas, les marchés pourraient connaître une nouvelle phase de volatilité, avec des cours du pétrole qui oscilleraient selon les rumeurs.

Enfin, le troisième scénario, le plus risqué, serait une rupture des pourparlers. Si l’une des parties estime que ses intérêts fondamentaux sont menacés, le risque d’escalade militaire – notamment dans le détroit d’Ormuz – redevient immédiat. Les États-Unis ont déjà prévenu qu’ils ne toléreraient pas un blocage total des approvisionnements en énergie, tandis que l’Iran a démontré à plusieurs reprises sa capacité à perturber les flux pétroliers. Dans ce contexte, chaque jour de négociation compte.

“Si nous signons un accord qui laisse l’Iran perçu comme une force dominante dans la région, alors tout ce qui a été accompli lors de l’opération Epic Fury sera réduit à néant.”

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les prochains jours seront décisifs. Les marchés, les alliés régionaux et même les populations civiles – notamment au Yémen et en Irak, où les frappes ont fait des milliers de morts – attendent des signes concrets de désescalade. À Téhéran, les durs du régime surveillent chaque mot, tandis qu’à Washington, les divisions politiques pourraient saboter tout accord trop ambitieux. Dans ce jeu d’échecs géopolitique, chaque coup compte – et chaque erreur pourrait avoir des conséquences durables.

Pour suivre l’évolution en temps réel :

<!– /wp:list Les acteurs impliqués restent vigilants, sachant que toute erreur pourrait compromettre l'ensemble des efforts diplomatiques et aggraver les tensions régionales.

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