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La bataille pour la santé du fleuve Klamath: Défis et espoirs pour la communauté autochtone des Yurok

La bataille pour la santé du fleuve Klamath: Défis et espoirs pour la communauté autochtone des Yurok

Sur les rives de l’embouchure du fleuve Klamath, qui se jette dans l’océan Pacifique, Ashley Bowers, membre de la communauté autochtone des Yurok, continue de faire ce qu’elle a toujours fait depuis son enfance : parcourir le fleuve en pêchant du saumon, la ressource la plus précieuse de cette rivière qui traverse l’Oregon et la Californie. “Si je pouvais vivre de la pêche, c’est ce que je ferais, parce que ça me rend heureuse”, confie-t-elle.

Cependant, la couleur brune de l’eau du fleuve laisse présager une mauvaise santé pour le Klamath, le deuxième plus grand fleuve de Californie. En effet, cette année, aucun poisson n’a été pêché, au point que le festival annuel du saumon n’a pas pu servir ce mets traditionnel. On y a donc proposé des haricots, des tacos et du poulet à la place.

La mauvaise qualité de l’eau du fleuve Klamath est en grande partie due aux quatre immenses barrages hydroélectriques construits entre 1903 et 1962, qui fournissent de l’électricité à 70 000 foyers de la région. Près de ces barrages, l’eau n’est plus brune, mais vert, à cause d’une épidémie d’algues vertes qui libèrent des toxines. Cela rend l’eau plus chaude, ce qui compromet la survie des poissons. “Ils se battent pour respirer”, explique Ashley Bowers.

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Pour Susan Masten, tante d’Ashley Bowers et ancienne chef de bande des Yurok, cette situation est une catastrophe pour la survie de la plus grande communauté autochtone de Californie. “Nous voulons protéger cette rivière et nous battre pour elle, pour ces poissons, parce que nous voulons que notre monde Yurok existe encore pour nos enfants et nos petits-enfants”, affirme-t-elle.

Susan Masten se bat depuis plus de 20 ans pour que ces barrages soient démantelés. Un événement tragique en 2002, où plus de 34 000 poissons sont morts, a donné un coup de pouce funeste à sa cause. Depuis, le saumon est proche de l’extinction dans le fleuve. Les conséquences des barrages sur l’écosystème de toute la région sont énormes, selon Barry McCovey fils, directeur des pêcheries des Yurok. “La santé de la population se détériore à mesure que la santé de la rivière se détériore”, déplore-t-il.

Après plus de 20 ans de bataille, les souhaits des Yurok commencent enfin à se réaliser. Le premier des quatre barrages de la région a récemment été démantelé, et les trois autres suivront d’ici l’automne 2024. Ce projet coûtera entre 450 et 500 millions de dollars une fois terminé, et la facture sera partagée entre l’État de Californie, l’Oregon et la compagnie d’électricité Pacificorp.

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Ce démantèlement, le plus important jamais entrepris aux États-Unis, offrira plus de 600 kilomètres d’habitat pour le saumon et profitera à l’ensemble de l’écosystème de la région. Cependant, il faudra du temps pour que les poissons retrouvent leur chemin dans le fleuve. “Je suis optimiste, mais il faudra des années pour que nos saumons reviennent”, conclut Ashley Bowers.

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