Washington – Le départ de Kristi Noem de son poste de secrétaire à la Sécurité intérieure, annoncé jeudi par le président Trump, a suscité un mélange de soulagement et d’anticipation, non pas tant pour les enjeux de politique migratoire, mais plutôt pour le vide créatif qu’elle laisse derrière elle. Pendant treize mois, Noem a été une source inépuisable d’inspiration, quoique involontaire, pour les humoristes, les satiristes politiques et les créateurs de mèmes.
L’ancienne secrétaire, surnommée « ICE Barbie » sur les réseaux sociaux, a marqué de son empreinte l’administration Trump par ses prises de position controversées et ses mises en scène spectaculaires. De ses poses devant des cellules de prison surpeuplées au Salvador, où le département avait transféré des personnes en situation irrégulière, à ses vidéos de raids ICE où elle se mettait en scène avec un fusil d’assaut, Noem n’a cessé d’alimenter le débat public et, par conséquent, la satire.
« South Park » s’est illustré en la parodiant de manière acerbe, tandis que « Saturday Night Live » a fait appel à Tina Fey pour l’imiter, la présentant comme « le type de personne le plus rare à Washington, D.C. : une brune à qui Donald Trump prête attention ».
L’humour noir a également trouvé son compte dans les révélations de Noem sur son propre chien, Cricket, un pointer anglais de 14 mois qu’elle a abattu après l’avoir jugé « indéfectible ». Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, n’a pas manqué de se moquer d’elle avec un mème ironique.
Les critiques envers Noem se sont intensifiées suite à deux auditions parlementaires cette semaine, où elle a été interrogée sur la réponse du département à la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, tués par des agents ICE à Minneapolis. Elle a été accusée d’avoir qualifié à tort Good de terroriste domestique et Pretti d’être impliqué dans des actes de terrorisme. Elle a également été remise en question sur les dépenses de 172 millions de dollars pour l’achat de deux jets privés, sa relation avec Corey Lewandowski, conseiller principal au DHS, et sa campagne publicitaire de 220 millions de dollars mettant en vedette… Kristi Noem elle-même. Le président Trump a affirmé ne rien savoir de cette campagne, alors que Noem affirmait avoir obtenu son approbation.
Son limogeage a immédiatement déclenché une vague de commentaires sarcastiques sur les réseaux sociaux. Le gouverneur démocrate de l’Illinois, JB Pritzker, a déclaré avec concision : « Qu’elle ne se fasse pas mal en claquant la porte. »
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le président Trump a annoncé que Noem occupera un nouveau poste, inventé de toutes pièces : « Envoyée pour le bouclier des Amériques », chargée de diriger une nouvelle « Initiative de sécurité dans l’hémisphère occidental ». Le titre et la description de ce poste semblent déjà offrir un terrain fertile pour de nouvelles satires politiques.
Le successeur de Noem, le sénateur Markwayne Mullin (Républicain de l’Oklahoma), ancien combattant de MMA, promet déjà de nouvelles sources d’inspiration pour les créateurs de mèmes. L’ère Noem est peut-être terminée, mais l’humour qu’elle a involontairement engendré est loin d’être éteint.
