La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania refuse un prix à Berlin, dénonçant un “génocide” à Gaza
Berlin – La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania a créé une onde de choc lors de la cérémonie Cinema for Peace à Berlin lundi soir, en refusant le prix du “film le plus précieux” pour son documentaire poignant, The Voice of Hind Rajab. Son discours, vibrant d’indignation, a dénoncé le conflit israélo-palestinien comme un “génocide” et a accusé les gouvernements et institutions mondiales de complicité.
L’événement, qui s’est tenu en marge de la Berlinale, a rassemblé des personnalités du monde du cinéma et de la politique, dont l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et l’acteur Kevin Spacey. Cependant, l’attention s’est rapidement focalisée sur le discours de Ben Hania, qui a transformé la soirée en une plateforme pour un appel à la justice.
The Voice of Hind Rajab retrace les efforts désespérés du Croissant-Rouge pour secourir Hind Rajab, une jeune Palestinienne de six ans tuée par les forces israéliennes lors de l’invasion de Gaza en 2024. Le film, nominé aux Oscars et aux BAFTA, a profondément marqué les esprits par son témoignage poignant de la réalité vécue par les civils palestiniens.
“Ce qui est arrivé à Hind n’est pas une exception. C’est une partie d’un génocide”, a déclaré Ben Hania, prenant la parole sur scène. “Ce soir, à Berlin, il y a des gens qui ont donné une couverture politique à ce génocide en présentant les massacres de civils comme de la ‘légitime défense’, comme des ‘circonstances complexes’. En dénigrant ceux qui protestent.”
Elle a insisté sur le fait que la paix ne pouvait être atteinte sans justice et sans responsabilisation. “La paix n’est pas un parfum vaporisé sur la violence pour que le pouvoir puisse se sentir raffiné et confortable. Et le cinéma n’est pas un blanchiment d’image”, a-t-elle affirmé. “L’armée israélienne a tué Hind Rajab, sa famille, les deux ambulanciers venus la sauver, avec la complicité des gouvernements et institutions les plus puissants du monde.”
Ben Hania a laissé son prix sur la scène, en guise de rappel constant de la nécessité d’une justice véritable. “Je refuse de laisser leur mort servir de décor à un discours poli sur la paix. Tant que les structures qui ont rendu cela possible ne seront pas démantelées, je ne rentrerai pas chez moi avec ce prix. Je reviendrai le chercher lorsque la paix sera poursuivie comme une obligation légale et morale, enracinée dans la responsabilisation pour le génocide.”
L’événement n’a pas été exempt d’autres moments forts. Bob Geldof, l’animateur de la soirée, a violemment critiqué l’ancien président américain Donald Trump pour sa position sur le changement climatique, le qualifiant d'”idiot” et lui demandant de “la fermer”.
Le discours de Ben Hania a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, avec des messages de soutien et de condamnation. L’impact de son geste témoigne de la puissance du cinéma comme outil de sensibilisation et de plaidoyer.
Le conflit israélo-palestinien a causé la mort de plus de 31 000 Palestiniens à Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, un bilan qui continue de susciter l’inquiétude de la communauté internationale. Les organisations humanitaires alertent sur une crise humanitaire majeure, avec des pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments.
[Insérer ici un tweet pertinent sur le sujet, par exemple un commentaire d’une organisation de défense des droits de l’homme ou un article de presse sur la situation à Gaza.]
Le refus de Kaouther Ben Hania d’accepter son prix à Berlin est un acte fort qui souligne l’importance de ne pas rester silencieux face à l’injustice et à la violence. Son message résonne avec force dans un monde en quête de paix et de justice.
