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JWST découvre un trou noir supermassif dans l’univers jeune

by Louis Girard - Tech
Une croissance fulgurante aux origines du cosmos

Le télescope spatial James Webb (JWST) a confirmé l’existence et la croissance active d’un trou noir supermassif au sein de la galaxie CANUCS-LRD-z8.6, située à seulement 570 millions d’années après le Big Bang. Cette découverte, révélée par les instruments de la NASA, de l’ESA et de la CSA, remet en question les modèles actuels sur la formation galactique primordiale.

Une croissance fulgurante aux origines du cosmos

La découverte, rapportée par les observatoires spatiaux, met en lumière un objet dont la masse est disproportionnée par rapport à celle des étoiles de sa galaxie hôte. Ce trou noir, qualifié de « trop massif » par les chercheurs, défie les théories classiques selon lesquelles le développement des trous noirs et de leur galaxie hôte progresse de manière synchronisée.

Une croissance fulgurante aux origines du cosmos
Photo: novinky.vesmir.sk

L’utilisation du spectrographe dans l’infrarouge proche (NIRSpec) a permis de détecter des signes spectraux indiquant une accrétion active. Ce processus de « gavage » expliquerait comment ces objets ont pu atteindre une telle taille si rapidement après la naissance de l’univers. Dans le cadre de l’évolution cosmique, la formation d’un trou noir supermassif nécessite normalement des milliards d’années d’accumulation de matière. La détection de tels objets dans l’univers jeune suggère que les mécanismes d’accrétion primordiaux étaient bien plus efficaces que les processus observés dans l’univers local actuel.

La galaxie GN-z11 et le mystère de l’âge des trous noirs

Parallèlement, une autre découverte majeure concerne la galaxie GN-z11, où une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université de Cambridge a identifié un trou noir datant de 430 millions d’années après le Big Bang. Comme le souligne l’agence de presse TASR, cet objet est environ 200 millions d’années plus ancien que les trous noirs massifs précédemment répertoriés.

“Veľmi mladé galaxie boli bohaté na plyn, takže mohli byť akýmsi bufetom pre čierne diery.” Roberto Maiolino, astrophysicien à l’Université de Cambridge, via TASR

La galaxie GN-z11 et le mystère de l'âge des trous noirs
Photo: vosveteit.zoznam.sk

Cette abondance de gaz dans les jeunes galaxies aurait servi de véritable « buffet » pour ces trous noirs, leur permettant de croître cinq fois plus vite que les modèles théoriques ne le prévoyaient. Le chercheur Jan Scholtz précise que cette découverte forcera la communauté scientifique à réviser les modèles théoriques concernant la formation initiale de ces entités gravitationnelles. Cette révision porte notamment sur les « graines » des trous noirs : les scientifiques se demandent désormais si ces derniers naissent de l’effondrement direct d’immenses nuages de gaz primordial ou des restes d’étoiles de population III, les toutes premières étoiles massives de l’univers.

Observation des structures galactiques : le cas NGC 1365

Au-delà de l’univers lointain, le télescope Webb continue d’étudier des structures plus proches pour comprendre l’évolution des galaxies spirales. La galaxie NGC 1365, située à 56 millions d’années-lumière, présente une configuration en forme de « Z » particulièrement instructive. Selon des rapports spécialisés, cette galaxie possède en son centre un trou noir d’une masse équivalente à deux milliards de fois celle de notre Soleil.

JAMES WEBB découvre un très vieux trou noir qui soulève un nouveau mystère !

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L’instrument MIRI (Mid-Infrared Instrument) a capturé des images détaillées de cette région centrale, montrant comment la barre centrale de la galaxie canalise le gaz et la poussière vers le noyau, alimentant ainsi activement le trou noir. Cette dynamique offre un parallèle fascinant avec notre propre Voie lactée, aidant les astronomes à modéliser l’évolution passée de notre galaxie. L’étude des galaxies spirales barrées est cruciale car elle permet de comprendre comment les structures à grande échelle régulent la formation d’étoiles, un processus souvent inhibé par les vents énergétiques émis par les trous noirs actifs lorsqu’ils absorbent trop de matière.

Implications pour la cosmologie moderne

La capacité du JWST à mesurer des objets « dormants » ou extrêmement distants, comme celui situé à 10 milliards d’années-lumière et pesant 6 milliards de masses solaires, marque un tournant technologique. Comme l’indique le portail technologique Startitup, ces mesures ne sont plus de simples observations, mais des données précises sur la dynamique gravitationnelle qui façonne les structures à grande échelle, y compris la « toile cosmique ».

Implications pour la cosmologie moderne
Photo: teraz.sk

La toile cosmique est le réseau complexe de filaments de matière noire et de gaz qui structure l’univers à grande échelle, sur lequel les galaxies se forment comme des nœuds. La précision des instruments du JWST, notamment la résolution du NIRSpec, permet d’isoler le signal lumineux du trou noir de celui de la galaxie hôte, une prouesse impossible avant le lancement de cet observatoire. En observant ces quasars lointains, les astrophysiciens obtiennent des informations sur l’état de l’univers peu après la réionisation, une période charnière où les premières sources de lumière ont transformé le cosmos.

Les prochaines étapes de recherche impliquent l’utilisation combinée du JWST et du réseau ALMA pour analyser la composition du gaz froid entourant ces trous noirs primordiaux. L’objectif est de confirmer si ces objets sont nés de l’effondrement direct d’immenses nuages de gaz ou du résidu de supernovas massives, une question qui reste au cœur des débats astrophysiques actuels. Ces observations multi-longueurs d’onde permettront de quantifier précisément le taux de transfert de masse vers le trou noir, affinant ainsi les simulations numériques de l’évolution galactique sur des échelles de temps cosmologiques.

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