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Julio Iglesias : accusations d’abus sexuel et de travail forcé

Julio Iglesias visé par une enquête pour allégations d’abus envers d’anciennes employées

MADRID – Le chanteur espagnol Julio Iglesias, l’un des artistes latino-américains les plus vendus au monde, fait l’objet d’une enquête préliminaire en Espagne suite à des accusations d’abus portées par deux anciennes employées domestiques. Les allégations comprennent des accusations de trafic d’êtres humains à des fins de travail forcé et de servitude, d’abus sexuels et de violations des droits des travailleurs.

L’enquête a été ouverte par le Tribunal Supérieur de Justice d’Espagne après le dépôt d’une plainte par l’organisation Women’s Link Worldwide au nom des deux femmes, identifiées uniquement par les pseudonymes Rebeca et Laura. Les plaignantes, originaires d’Amérique latine, affirment avoir été employées dans les résidences de M. Iglesias dans les Caraïbes – en République dominicaine et aux Bahamas – pendant dix mois en 2021.

Dans un communiqué publié sur son compte Instagram officiel, M. Iglesias, âgé de 82 ans, a nié catégoriquement les accusations. “Je nie avoir abusé, contraint ou manqué de respect à une femme. Ces accusations sont complètement fausses et me causent une grande tristesse”, a-t-il écrit dans un message en espagnol, reproduisant sa signature.

[Intégrer ici le post Instagram de Julio Iglesias : https://www.instagram.com/julioiglesias/ ]

Women’s Link Worldwide décrit les plaignantes comme des jeunes femmes latino-américaines “dans des situations vulnérables, fortement dépendantes de leurs salaires en raison de leurs conditions économiques et sociales”. Selon l’organisation, Rebeca a décrit une situation où elle se sentait “utilisée” presque tous les soirs par M. Iglesias, se sentant traitée “comme un objet, comme une esclave”. Elle a qualifié l’une des résidences du chanteur de “petite maison de terreur, un véritable cauchemar”. Laura, quant à elle, a décrit un environnement de travail “inconfortable” où les employés étaient “en état d’alerte constant”, M. Iglesias “normalisant les abus”.

L’affaire a été révélée suite à une enquête de trois ans menée conjointement par le journal en ligne espagnol elDiario.es et la chaîne de télévision Univision Noticias. Les détails de l’enquête ont été publiés début janvier, conduisant au dépôt formel de la plainte auprès du tribunal.

Le Tribunal Supérieur de Justice d’Espagne n’a pas divulgué de détails supplémentaires sur l’enquête, qui est soumise au secret de l’instruction.

Cette affaire intervient dans un contexte mondial de sensibilisation croissante aux abus et à l’exploitation des travailleurs domestiques, en particulier des femmes migrantes. Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), plus de 67,3 millions de personnes travaillent dans des foyers privés à travers le monde, dont une proportion importante de femmes et de migrants. L’OIT souligne que les travailleurs domestiques sont particulièrement vulnérables à l’exploitation, aux abus et à la violence en raison de leur isolement, de leur dépendance économique et du manque de protection juridique.

La maison de disques de M. Iglesias, Sony Music, n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Julio Iglesias a vendu plus de 300 millions de disques dans 14 langues, devenant une figure emblématique de la musique latino-américaine. Il est également le père du chanteur Enrique Iglesias. Sa carrière a débuté en Espagne avant de s’étendre à une large audience internationale, notamment aux États-Unis. L’issue de cette enquête pourrait avoir des répercussions significatives sur l’héritage et la réputation de l’artiste.

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