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“Je pensais parvenir à m’enfuir” : il fonce sur les policiers et reçoit une balle dans le bras

“Je pensais parvenir à m’enfuir” : il fonce sur les policiers et reçoit une balle dans le bras

Rarement, le tribunal de Chartres n’aura été autant le théâtre d’une charge anti-police, totalement assumée par la défense. « Les policiers n’ont peur de rien », a assuré l’avocate, du barreau de Paris. « Ils voulaient tuer. Ils visaient la tête. » Une position en droite ligne de celle de son client, Hichem Tabib, un Drouais de 22 ans.

Le jeune homme est jugé pour violences aggravées sur les policiers, après un refus d’obtempérer et une course-poursuite, à 3 heures du matin, le 5 mars 2021. Cette nuit-là, selon les policiers, une première patrouille a croisé une puissante VW Golf de 250 CV, immatriculée en Allemagne. Or, cette voiture avait déjà été signalée pour un refus d’obtempérer.

Les policiers décident de se lancer à la poursuite de la voiture suspecte. Mais son conducteur accélère. La puissante sportive est trop rapide. Elle a d’ailleurs été flashée sur la N12 à 210 km/h. Les policiers abandonnent la poursuite.

Une deuxième patrouille prend le relais. « Nous avons repéré la voiture », indiquent les policiers dans leur rapport. « Nous nous sommes lancés à sa poursuite. »

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« Je pensais parvenir à m’enfuir »

Selon les éléments déclinés à l’audience du tribunal, le fuyard emprunte des petites routes départementales, du côté de Mézières-en-Drouais. Les policiers parviennent à le suivre de loin « grâce à la poussière que sa voiture dégage. »
Les policiers parviennent à le bloquer, alors que le suspect s’est engagé dans une impasse.

Dans leur rapport, ils expliquent avoir mis leur voiture en épi derrière celle du suspect, afin de lui barrer la route. « Il a tenté de passer une première fois, en heurtant notre véhicule », expliquent-t-il.

Selon eux, ils sortent de leur véhicule. Deux d’entre eux dégainent leurs armes. « Nous avons fait des sommations à deux reprises, lui ordonnant d’arrêter sa voiture et d’en sortir », indiquent-ils dans leur rapport. « Il a fait une puissante marche arrière pour tenter de nouveau de passer. »

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L’un des policiers se serait jeté sur le bas-côté pour ne pas être percuté. L’un de ses collègues tire en direction de la voiture du suspect. Une balle a traversé son avant-bras droit.

« Je pensais parvenir à m’enfuir », justifie Hichem Tabib à son procès.

« J’ai eu peur parce que mon permis était suspendu. Je ne voulais pas retourner en prison. »

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Il reconnaît le refus d’obtempérer et la conduite sans permis, mais il nie farouchement avoir mis la vie du policier en danger. « Je suis passé entre leur voiture et le bas-côté. Il n’y avait personne. »
Au cours de sa garde à vue, il avait même été plus loin dans ses assertions. « Ils n’avaient aucune raison de tirer. Ils ont voulu monter en grade sur la vie d’un jeune homme de 21 ans. J’ai été rafalé. »

« Il a eu un comportement dangereux et scandaleux », remarque Rémi Coutin, le procureur de la République.

Une enquête de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a d’ailleurs conclu au bien-fondé du tir « en légitime défense. »

Une version que conteste formellement l’avocate de la défense, qui a clairement comparé ce qui s’est passé ce matin-là, sans prononcer le mot, à une bavure policière.

Alors que le procureur avait réclamé 30 mois de prison ferme contre le Drouais, il a été condamné à 40 mois, dont 28 mois ferme, avec maintien en détention.

Jacques Joannopoulos

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