Des scientifiques japonais ont lancé le 19 octobre 2026 une sonde spatiale non habitée vers Phobos, l’une des lunes de Mars. Cette mission historique, menée par la JAXA, vise à rapporter sur Terre dix grammes de roche pour percer le mystère des origines du système solaire.
Le décollage de la mission Martian Moons eXploration depuis Tanegashima
La fusée H3, véritable vaisseau amiral du programme spatial nippon, s’est arrachée au pad de tir du centre spatial de Tanegashima à 4h41 heure locale le 19 octobre 2026. À son bord, la sonde Martian Moons eXploration, connue sous l’acronyme MMX, a entamé un périple titanesque de 225 millions de kilomètres à destination du système martien. Peu après la séparation des étages, l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale a confirmé la réception des premiers signaux télémétriques, attestant du parfait fonctionnement des systèmes de bord.
Ce départ marque l’aboutissement d’une ambition de longue date pour les astronomes. Le projet initial prévoyait un lancement dès 2024, mais des interrogations techniques concernant le lanceur avaient contraint les équipes à repousser l’échéance. L’agence spatiale a ensuite validé les opérations critiques initiales de la sonde, ouvrant la voie à un voyage interplanétaire de plusieurs mois.
Les théories sur l’origine des lunes martiennes et l’enjeu des échantillons
Depuis leur découverte par Asaph Hall en 1877, Phobos et Deimos continuent de diviser la communauté scientifique. Phobos mesure environ 22 kilomètres de diamètre, tandis que Deimos n’en fait que 12. Deux hypothèses principales s’affrontent pour expliquer leur présence en orbite autour de la planète rouge : soit il s’agit d’anciens astéroïdes capturés par la gravité martienne, soit ils proviendront de débris éjectés à la suite d’un impact cataclysmique sur la surface de Mars.
La complexité de la mécanique orbitale rend la capture gravitationnelle difficile à modéliser, mais l’hypothèse de l’impact géant pose elle aussi des questions, notamment sur la morphologie si irrégulière de ces petits corps. En voulant récupérer une poignée de poussière et de roche, la mission espère trancher ce débat séculaire. Sonia Fornasier, astronome à l’Observatoire de Paris, résume l’importance de cette étape en soulignant que cette mission marque une avancée transformatrice dans notre capacité à explorer le système martien
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Le déroulement du voyage et le calendrier des opérations scientifiques
Après avoir parcouru la distance séparant la Terre de sa voisine, la sonde MMX devrait s’insérer en orbite autour de Mars en août 2027. L’appareil se placera alors dans une configuration de suivi de Phobos pour en cartographier la surface avec près d’une douzaine d’instruments de mesure. Avant toute tentative d’alunissage, le module larguera le rover Idefix, conçu par les agences spatiales française et allemande. Pesant 25 kilogrammes sur Terre, ce robot ne subira qu’une infime fraction de son poids sur la lune en raison de la faiblesse extrême de la gravité locale.

Pour mener à bien le prélèvement, la mission s’appuiera sur des technologies de pointe. Le mécanisme utilisera deux outils distincts, dont un système pneumatique développé par la société Honeybee Robotics pour le compte de la NASA. Les ingénieurs espèrent récolter environ dix grammes de matière, soit deux fois la quantité obtenue par la sonde Hayabusa2 sur l’astéroïde Ryugu. Les opérations de carottage sont programmées entre la fin de l’année 2028 et le début de 2029.
La collaboration internationale et le retour prévu sur Terre en 2031
Si l’agence japonaise pilote l’ensemble de la campagne, le projet bénéficie du soutien actif de partenaires majeurs, parmi lesquels la NASA et l’Agence spatiale européenne. Pour les planétologues, analyser ces roches in situ permettra non seulement de comprendre la genèse des lunes, mais offrira également une fenêtre directe sur l’histoire géologique de Mars, les météorites retrouvées sur Terre subissant généralement des altérations lors de leur traversée de l’atmosphère.
Phobos et Deimos sont fascinants, mais pas seulement pour eux-mêmes. Leur présence est un élément clé de la grande histoire du système martien. En découvrant l’origine de ces lunes, nous obtiendrons de nouvelles clefs de lecture sur l’histoire de Mars et de la Terre.
Tom Statler, scientifique de la NASA
Une fois les échantillons sécurisés dans la capsule de retour, MMX effectuera des survols rapprochés de Deimos avant de quitter l’orbite martienne vers la fin de 2030. Le voyage retour s’achèvera en 2031 par un atterrissage sur Terre, moment où la NASA recevra jusqu’à 15 % du matériau récolté pour mener ses propres analyses approfondies.
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