Tensions montent entre Netanyahu et Trump sur la guerre en Iran, Washington demande un financement supplémentaire
Par Adriana Gallardo
WASHINGTON – Alors que la guerre en Iran entre dans sa troisième semaine, des fissures apparaissent entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien président américain Donald Trump, tandis que le Pentagone sollicite l’approbation du Congrès pour un financement supplémentaire de 200 milliards de dollars pour renforcer les défenses américaines.
Netanyahu a confirmé qu’Israël avait agi seul lors de la frappe contre un site gazier iranien en début de semaine, mais Trump a déclaré n’avoir pas été informé à l’avance de l’attaque. Une source au sein de l’administration américaine a toutefois affirmé à NPR que les États-Unis et Israël coordonnaient tous leurs objectifs. Trump aurait demandé à Netanyahu de retenir de futures attaques, selon le Premier ministre israélien.
Cette divergence intervient alors que les inquiétudes grandissent quant à l’impact de la guerre sur le marché mondial de l’énergie. L’arrêt quasi total du trafic dans le détroit d’Ormuz a des conséquences catastrophiques, et les efforts pour faire baisser les prix du pétrole et du gaz se heurtent à des difficultés.
Parallèlement, l’administration Trump poursuit ses efforts pour remodeler la politique étrangère américaine. Un accord inter-agences prévoit une transition en trois phases pour transférer la gestion du portefeuille des prêts étudiants fédéraux du Département de l’Éducation au Trésor. La première phase consistera à confier au Trésor le recouvrement des prêts étudiants en défaut.
Ces développements s’inscrivent dans un contexte plus large de remise en question de la démocratie américaine. Trois rapports majeurs publiés ce mois-ci soulignent une détérioration rapide des institutions démocratiques sous la présidence Trump. Bright Line Watch, qui interroge plus de 500 universitaires américains, a conclu que les États-Unis se situaient désormais à mi-chemin entre une démocratie libérale et une dictature. L’organisation V-Dem a rétrogradé le classement de la démocratie américaine de 20 à 51 sur 179 pays, tandis qu’un rapport de Freedom House a révélé que les États-Unis avaient enregistré certaines des plus fortes baisses en matière de droits politiques et de libertés civiles parmi les pays libres.
Sur le plan diplomatique, des médiateurs ont présenté au Hamas une proposition formelle de rendre les armes, selon un responsable américain. Le plan prévoit que le Hamas et d’autres groupes militants de Gaza abandonnent leurs armes, confiant la responsabilité de leur contrôle à une nouvelle autorité dirigeante. Un responsable du Hamas a qualifié ce document de "prendre ou laisser" et a déclaré que le groupe attendrait l’issue de la guerre en Iran avant de prendre une décision.
Enfin, la situation humanitaire à Gaza reste préoccupante. Les tensions sont vives, même si de nombreux habitants du Moyen-Orient observent le premier jour de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois sacré du Ramadan. Des affrontements ont éclaté à Jérusalem, où la police a utilisé des gaz lacrymogènes contre des fidèles musulmans se dirigeant vers la Vieille Ville. L’Al-Aqsa, fermé au début de la guerre pour des raisons de sécurité, reste un point de friction.
