Pluie noire sur Téhéran : les frappes israéliennes plongent l’Iran dans une crise environnementale et humanitaire
Téhéran, Iran – Une pluie noire et huileuse s’est abattue sur Téhéran et ses environs dimanche, conséquence directe des frappes israéliennes de la nuit sur plusieurs dépôts de carburant, plongeant la capitale iranienne et ses dix millions d’habitants dans une crise environnementale et humanitaire grandissante. Les images diffusées montrent un ciel obscurci par d’épais panaches de fumée noire, tandis que les habitants se plaignent de difficultés respiratoires et d’une contamination visible de leurs biens.
"La pluie est noire, je n’arrive pas à y croire. Elle tombe même à Tajrish, à des kilomètres des dépôts de pétrole," témoigne Kianoosh, un ingénieur de 44 ans, dans une déclaration à TIME. Des témoignages similaires affluent, décrivant des voitures recouvertes d’une substance noire et huileuse, et un sentiment général d’inquiétude face aux risques pour la santé.
La Société du Croissant-Rouge iranien a mis en garde les habitants de Téhéran et des régions avoisinantes contre les dangers de cette pluie, qualifiée de "hautement dangereuse et acide", susceptible de provoquer des brûlures chimiques et des dommages pulmonaires graves. Leila, une enseignante de 27 ans, décrit une atmosphère " irrespirable", un "monstre noir" ayant englouti le ciel de la capitale. "J’ai passé seulement 15 minutes en voiture dans cet air. J’ai maintenant mal à la tête, ma peau est irritée, mes lèvres brûlent. On dirait du gaz lacrymogène dilué," confie-t-elle.
Ces frappes, qui visent selon l’armée israélienne des "complexes de stockage de carburant appartenant aux Gardiens de la Révolution", s’inscrivent dans le cadre d’une escalade du conflit entre l’Iran et Israël, exacerbée par les tensions régionales. L’attaque constitue la frappe la plus importante sur les infrastructures civiles iraniennes depuis le début de la guerre, qui a déjà fait plus de 1 000 morts civils, selon des sources non précisées.
L’impact de la guerre s’étend au-delà des frontières iraniennes. Au Liban, le ministère de la Santé a annoncé dimanche que près de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes, dont 83 enfants.
L’escalade est également marquée par des échanges de tirs et des accusations mutuelles concernant des attaques contre des infrastructures vitales. L’Iran accuse les États-Unis d’avoir attaqué une usine de dessalement sur l’île de Qeshm, une accusation démentie par Israël et les États-Unis. Les États-Unis ont également accusé l’Iran de cibler des aéroports et des installations pétrolières dans les pays du Golfe.
L’ancien président américain Donald Trump a ajouté une nouvelle couche de tension en avertissant d’une possible escalade de la campagne de bombardements, évoquant même la "destruction totale" de certaines zones et groupes de personnes en Iran.
Les attaques continuent de provoquer des dégâts considérables. Les autorités iraniennes ont signalé des dommages à environ 10 000 structures civiles à travers le pays, notamment des habitations, des écoles et des établissements médicaux. Les Emirats arabes unis ont également affirmé avoir été la cible de missiles et de drones iraniens.
La situation humanitaire se détériore rapidement, avec des populations confrontées à des pénuries d’eau potable et à des risques sanitaires accrus. L’avenir reste incertain, alors que les frappes se poursuivent et que les tensions régionales atteignent un point critique.
