Hantavirus : l’évacuation mondiale des passagers du MV Hondius sous haute surveillance
Par la Rédaction de Nouvelles-du-Monde.com
Publié le 11 mai 2026
TENERIFE, Îles Canaries — Le scénario ressemblait à un film de science-fiction ce dimanche 10 mai dans le port de Granadilla. Équipés de combinaisons hazmat, de masques et de respirateurs, les premiers passagers du navire de croisière néerlandais MV Hondius ont été débarqués par de petites embarcations avant d’être conduits, sous escorte militaire, vers l’aéroport de Tenerife.
L’objectif : rapatrier d’urgence des dizaines de voyageurs après la détection d’un foyer de hantavirus, une maladie respiratoire grave, à bord du navire.
Un bilan humain et sanitaire préoccupant
Depuis le départ du navire d’Argentine, le bilan est lourd : six cas confirmés et deux cas suspects ont été recensés, et trois passagers ont perdu la vie. Le point particulièrement critique de cette épidémie réside dans la souche identifiée : le virus Andes. Contrairement à la plupart des hantavirus, généralement transmis par les rongeurs, le virus Andes est le seul connu pour être transmissible d’humain à humain.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenté de tempérer l’inquiétude générale. Le Directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté le public à ne pas céder à la panique, affirmant que le risque pour la population mondiale reste « faible ». Toutefois, la tension est palpable localement ; le président des Canaries s’est opposé à l’accostage du navire, craignant un impact sanitaire et un coup d’arrêt brutal à l’économie touristique de l’archipel.
Une course contre la montre pour les États-Unis et l’Europe
Le rapatriement s’est transformé en une opération logistique internationale complexe.
Aux États-Unis, le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS) a confirmé via son compte X que 17 citoyens américains ont été évacués, dont deux transportés dans des unités de biocontainment par mesure de précaution. L’un d’eux a été testé « légèrement positif » au virus Andes via un test PCR.
Ces passagers ont été acheminés vers l’Unité nationale de quarantaine de l’Université du Nebraska Medical Center à Omaha, seule installation fédérale américaine capable de gérer des maladies infectieuses à haut risque. Jay Bhattacharya, directeur par intérim du CDC, a tenu à rassurer : « Nous voulons traiter cela avec nos protocoles hantavirus qui ont réussi à contenir des épidémies par le passé », soulignant que la situation est loin d’atteindre la gravité de la pandémie de COVID-19.
En Europe, la situation est tout aussi tendue :
- En France : Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué sur X que sur les cinq rapatriés, l’un a présenté des symptômes durant le vol, entraînant l’isolement immédiat de tout le groupe.
- Aux Pays-Bas : Un vol a transporté 26 passagers vers Eindhoven, où les ressortissants néerlandais ont été isolés et les autres citoyens placés en zone de quarantaine.
- Au Royaume-Uni et au Canada : Vingt Britanniques et quatre Canadiens ont regagné leurs pays respectifs, tous placés sous surveillance médicale.
L’ombre d’une incubation prolongée
Si la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, a confirmé que 94 passagers avaient été évacués dimanche soir, le danger n’est pas totalement écarté. Les derniers vols, en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande, sont attendus ce lundi après-midi.
Le défi majeur reste la période d’incubation. Diana Rojas, responsable des maladies à fort impact, a rappelé que le virus Andes peut rester dormant longtemps : « Nous ne pouvons pas être certains qu’ils ne développeront pas de symptômes s’ils ne passent pas les 42 jours ».
Pendant que les passagers sont surveillés dans leurs pays respectifs, le MV Hondius ne rentre pas vide. Trente membres d’équipage restent à bord pour naviguer vers les Pays-Bas, où le navire fera l’objet d’une désinfection complète.





