Home InternationalIran : Nouvelles protestations et répression (Janvier 2026)

Iran : Nouvelles protestations et répression (Janvier 2026)

Iran : Des manifestations de grande ampleur secouent le pays, réprimées avec violence

Téhéran, Iran – L’Iran est le théâtre de manifestations généralisées depuis fin décembre 2025, déclenchées initialement par des mesures budgétaires impopulaires annoncées par le président Masoud Pezeshkian. Ce qui a commencé comme un mécontentement des commerçants et des travailleurs des bazars s’est rapidement transformé en un mouvement de protestation à l’échelle nationale, impliquant divers secteurs de la société iranienne.

Les manifestations ont atteint leur paroxysme autour du 8 janvier 2026, avant que le gouvernement ne décrète un blackout internet dans une tentative de contrôler le flux d’informations et de réprimer le mouvement. Malgré cette censure, des informations continuent de filtrer, faisant état d’une répression brutale par les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) et leurs forces affiliées. Des témoins et des organisations de défense des droits de l’homme signalent des affrontements violents et des exécutions sommaires, avec un bilan qui se chiffre en milliers de victimes. Il est difficile d’obtenir un chiffre précis et vérifiable en raison du manque d’accès indépendant au pays.

“Nous assistons à une escalade de la violence et à une répression systématique des voix dissidentes,” explique Kaveh Ehsani, professeur d’études internationales à l’Université DePaul et membre du conseil d’administration de MERIP, un institut de recherche sur le Moyen-Orient. “La réaction du gouvernement est prévisible, mais l’ampleur et la diversité des protestations sont significatives.”

Ces manifestations s’inscrivent dans un contexte de difficultés économiques croissantes en Iran, exacerbées par les sanctions internationales et une mauvaise gestion économique. L’inflation galopante et le chômage élevé alimentent le mécontentement populaire. Selon les données de la Banque Mondiale, l’inflation en Iran a atteint un taux de 40% en 2025, et le taux de chômage des jeunes se situe autour de 25%.

Maziyar Ghiabi, professeur associé de sciences sociales à l’Université d’Exeter, souligne les similitudes et les différences avec les vagues de protestations précédentes. “Il y a un sentiment de frustration accumulé depuis des années, mais cette fois, la colère semble plus profonde et plus généralisée. Les revendications ne se limitent plus à des questions économiques, mais touchent également aux libertés politiques et sociales.”

L’influence des dynamiques régionales et internationales est également un facteur clé. Les tensions avec Israël, notamment suite à l’attaque israélienne de septembre 2025, ont contribué à un climat d’instabilité. L’absence de soutien clair de la part des puissances occidentales, critiquée par certains observateurs, est également perçue comme un encouragement implicite à la répression. Gal Beckerman, dans un article publié par The Atlantic, soulignait récemment le sentiment de trahison ressenti par certains Iraniens envers la gauche internationale, qu’ils accusent de silence face à la situation en Iran.

Asma Abdi, chercheuse à l’Université d’Exeter, met en lumière l’impact des sanctions internationales sur la population iranienne, en particulier sur les femmes. “Les sanctions ont exacerbé les inégalités de genre et ont rendu la vie quotidienne encore plus difficile pour les femmes iraniennes,” explique-t-elle. “Elles sont souvent les premières victimes de la répression et les plus touchées par les difficultés économiques.”

Le gouvernement iranien n’a pas encore publié de bilan officiel des victimes. Les informations disponibles proviennent principalement de sources indépendantes, d’organisations de défense des droits de l’homme et de témoignages de personnes sur le terrain. La situation reste extrêmement volatile et l’avenir de l’Iran est incertain.

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