L’héritier du shah d’Iran appelle à un soutien américain pour « enterrer » le régime iranien
MUNICH – L’exilé Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran, a lancé un appel direct au président américain Donald Trump samedi, exhortant Washington à soutenir le peuple iranien dans sa lutte contre le gouvernement actuel. S’exprimant lors de la Conférence de sécurité de Munich, Pahlavi a déclaré qu’il était « temps de mettre fin à la République islamique ».
« Le peuple iranien a entendu vos paroles, Monsieur le Président, vous disant que l’aide est en route, et il a confiance en vous. Aidez-les », a-t-il déclaré aux journalistes.
Cet appel intervient alors que l’Iran est confronté à une vague de protestations, réprimées avec violence par les autorités. Selon l’Agence de presse des militants des droits de l’homme (HRANA), un réseau d’activistes qui a fait ses preuves dans le suivi des décès lors de précédentes périodes de troubles, au moins 7 005 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, dont 214 membres des forces de sécurité. Le bilan, bien que vérifié, est susceptible d’être sous-estimé, les craintes d’arrestations et de représailles empêchant de nombreux décès d’être signalés.
Pahlavi a exhorté les Iraniens, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, à poursuivre leurs manifestations, appelant à des slogans scandés depuis leurs maisons et leurs toits les 14 et 15 février à 20h00, heure locale, en signe de solidarité avec les protestations en Allemagne et ailleurs.
La prise de position de Pahlavi fait écho aux commentaires de Trump vendredi, qui a affirmé qu’un changement de gouvernement en Iran serait « la meilleure chose qui puisse arriver ». Washington a également intensifié sa pression militaire sur Téhéran, en déployant un second porte-avions dans la région.
L’appel à l’action de Pahlavi, bien que résonnant auprès de certains opposants au régime, est loin de faire l’unanimité. Il a été critiqué pour son soutien affiché à Israël, notamment lors d’une visite très médiatisée en 2023 qui a divisé les rangs de l’opposition. De plus, certains observateurs soulignent le passé autoritaire de son père, le shah Mohammad Reza Pahlavi, et s’interrogent sur la capacité de Reza Pahlavi à incarner une alternative démocratique viable.
L’opposition iranienne reste fragmentée, avec des divergences profondes sur la voie à suivre. Malgré ces divisions, le sentiment général est que le régime actuel est de plus en plus vulnérable, confronté à des difficultés économiques, à un mécontentement généralisé et à une pression internationale croissante.
Le gouvernement iranien a dénoncé les protestations comme étant orchestrées par des « terroristes » financés par les ennemis jurés du pays, les États-Unis et Israël. Ces accusations, cependant, n’ont pas réussi à étouffer la colère populaire ni à freiner la détermination des manifestants.
La situation en Iran reste volatile et imprévisible. L’intervention extérieure, en particulier de la part des États-Unis, pourrait avoir des conséquences imprévisibles, exacerbant potentiellement les tensions et conduisant à une escalade du conflit.
[Image d’une manifestation en Allemagne avec des drapeaux iraniens et israéliens, légende : Participants brandissant le drapeau historique iranien « Lion et Soleil » ainsi que des drapeaux israéliens lors d’une manifestation de l’opposition iranienne à Munich, en Allemagne, le 14 février 2026. (Photo par Michaela Stache / AFP)]
L’évolution de la situation en Iran est suivie de près par la communauté internationale, qui s’inquiète de son impact potentiel sur la stabilité régionale et la sécurité mondiale. La question de savoir si le régime iranien survivra à la tempête reste ouverte, mais une chose est certaine : l’avenir de l’Iran est en jeu.
Times of Israel staff et agences ont contribué à ce reportage.
