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Iran impose des “péages” au détroit d’Ormuz, bloquant les évacuations

Un ultimatum iranien qui paralyse les efforts d'évacuation

Le 25 juin 2026, les tensions autour du détroit d’Ormuz ont atteint un nouveau pic après que la Garde révolutionnaire islamique (IRGC) d’Iran ait annoncé que seuls les navires suivant les routes maritimes désignées par Téhéran pourraient transiter par cette voie stratégique, sous peine de sanctions. Cette décision survient alors que des négociations internationales tentent de rétablir la liberté de navigation dans un corridor vital pour 34 % du commerce mondial de pétrole brut, selon l’Agence internationale de l’énergie. Pendant ce temps, Donald Trump a menacé de mettre fin aux négociations de paix si l’Iran instaure des péages, tout en affirmant que Washington n’a pas encore débloqué de fonds gelés pour Téhéran.

Un ultimatum iranien qui paralyse les efforts d’évacuation

Dans un communiqué diffusé jeudi par les médias d’État iranien, la Garde révolutionnaire islamique (IRGC) a déclaré que “tout navire marchand tentant de traverser le détroit sans coordination préalable avec la République islamique d’Iran sera sanctionné“, rapporte Al-Monitor. Cette position tranche avec les annonces récentes d’Oman, qui avait ouvert le mardi 24 juin deux couloirs maritimes temporaires au nord et au sud du détroit pour permettre une “évacuation gradual et contrôlée” des navires, en coordination avec l’Organisation maritime internationale (OMI).

Pour la Garde révolutionnaire, ces initiatives sont “inacceptables et extrêmement dangereuses”. “Nous informons toutes les parties que les seules routes autorisées pour traverser le détroit d’Ormuz sont celles annoncées par la République islamique d’Iran”, a-t-elle précisé. Cette déclaration intervient alors que le sultanat d’Oman avait annoncé, dans un communiqué du ministère de la Défense, que ses nouvelles routes visaient à “garantiser la liberté de navigation dans le détroit sans imposer de péage, conformément aux efforts conjoints des États-Unis et de l’Iran”.

Cette divergence de positions illustre la fragilité des négociations en cours. Alors qu’Oman cherche à désamorcer les tensions en proposant des solutions techniques, Téhéran maintient une posture maximaliste, refusant toute dérogation à son autorité sur les eaux territoriales. La question des péages, bien que niée par Trump dans un message sur Truth Social (“Irán ha informado a EE.UU. que, pese a los reportes malintencionados, no se están cobrando peajes”), reste un point de friction majeur, comme le souligne Diario Libre.

Les négociations de paix en suspens : Trump joue la carte de la fermeté

Le président américain a réagi avec fermeté à ces développements. Dans un message publié mercredi sur son réseau Truth Social, Donald Trump a averti : “Si cette information [sur les péages] était fausse, les négociations termineraient immédiatement !”. Il a également rappelé que Washington n’a pas encore libéré les fonds gelés appartenant à l’Iran, une condition souvent citée par Téhéran pour relancer les discussions sur le programme nucléaire. “Destinaremos parte de sus fondos […] para comprar maíz, trigo, soja y otros productos. Irán necesita alimentos urgentemente, et les compraremos exclusivement en Estados Unidos“, a-t-il ajouté, proposant une contrepartie économique pour désamorcer les tensions.

Les négociations de paix en suspens : Trump joue la carte de la fermeté

Cette stratégie de Trump contraste avec les déclarations iraniennes. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Garibabadi, a réaffirmé que toute discussion sur les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne pourrait avoir lieu qu'”dans le cadre d’un accord définitif”, une position qui bloque de facto les avancées. Pourtant, Trump affirme être “100 % sûr” que les inspections auront lieu, malgré le refus iranien de les autoriser à ce stade.

“Irán ha informado a EE.UU. que, pese a los reportes malintencionados de las noticias falsas que dicen lo contrario, no se están cobrando peajes, costos de seguro ni ningún otro tipo de cargo sobre los buques que transitan por el estrecho de Ormuz. Si esta información fuera falsa, ¡las negociaciones terminarían de inmediato!”

Un détroit sous haute tension : pourquoi cette crise est un test géopolitique majeur

Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, est un point de passage critique pour 15 millions de barils de pétrole brut par jour, soit près d’un tiers du commerce mondial, selon l’Agence internationale de l’énergie. Son blocage, même partiel, pourrait provoquer une crise énergétique mondiale. Les tensions actuelles trouvent leur origine dans les attaques conjointes des États-Unis et d’Israël contre des cibles iraniennes en février 2026, qui avaient provoqué un fermeture de facto du détroit.

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La récente initiative omanaise, bien que saluée par les États-Unis, se heurte à la détermination iranienne. Les pourparlers entre Téhéran et Mascate, qui ont abouti à la création d’un “groupe de travail conjoint” pour définir la gestion future du détroit, risquent d’être sabotés par les exigences iraniennes. La Garde révolutionnaire insiste pour que toute navigation soit soumise à son contrôle, une position qui rappelle les crises de 2019, où l’Iran avait saisi des pétroliers étrangers sous prétexte de violations des routes désignées.

Pour les analystes, cette crise teste la capacité des parties à trouver un compromis après des années de tensions. “L’Iran joue sur deux tableaux : il maintient une posture agressive pour négocier depuis une position de force, tout en cherchant à éviter une escalade qui pourrait isoler encore davantage son économie”, explique un expert en relations internationales cité par Al-Monitor. À l’inverse, les États-Unis et leurs alliés cherchent à éviter une confrontation directe, d’autant que les sanctions économiques pèsent déjà lourd sur l’Iran.

Que se passe-t-il maintenant ? Trois scénarios possibles

  • Un compromis technique : Oman et l’OMI pourraient imposer leurs couloirs maritimes malgré les objections iraniennes, en s’appuyant sur des résolutions internationales. Cela éviterait une confrontation directe mais laisserait persister un risque de collision ou d’incident.
  • Une escalade militaire : Si l’Iran persiste à bloquer les navires ou à imposer des péages, les États-Unis pourraient riposter, comme en 2019, en envoyant des navires de guerre pour escorter les pétroliers. Cela risquerait de provoquer une crise régionale.
  • Un gel des négociations : Si les discussions sur le nucléaire iranien s’enlisent, les pourparlers sur le détroit pourraient être abandonnés, laissant la situation dans l’incertitude jusqu’à une nouvelle crise.

À court terme, les marchés pétroliers surveilleront de près les développements. Une interruption prolongée du trafic dans le détroit pourrait faire bondir les prix du baril, déjà sous pression en raison des tensions en mer Rouge. Les États-Unis, qui importent une partie de leur pétrole via cette route, seraient particulièrement vulnérables.

Que se passe-t-il maintenant ? Trois scénarios possibles
Photo: Diario Libre

L’Iran et les États-Unis : une relation gelée par la méfiance

Cette crise s’inscrit dans un contexte de relations bilatérales extrêmement tendues. Depuis le retrait américain de l’accord nucléaire de 2015 et la réimposition des sanctions, les deux pays ont multiplié les gestes de défi : cyberattaques, sabotages de navires, et maintenant, cette bataille pour le contrôle du détroit d’Ormuz. La proposition de Trump de fournir des denrées alimentaires à l’Iran en échange de concessions pourrait être perçue comme une tentative de déstabiliser économiquement le régime, une stratégie déjà utilisée par Washington dans le passé.

Pourtant, les deux camps ont un intérêt commun : éviter une guerre ouverte. Les négociations sur le nucléaire, bien que bloquées, restent la seule issue possible pour désamorcer les tensions. “La clé réside dans la confiance”, souligne un diplomate européen sous couvert d’anonymat. “Si l’Iran accepte des inspections et si les États-Unis lèvent certaines sanctions, une porte pourrait s’ouvrir. Mais pour l’instant, ni l’un ni l’autre ne semble prêt à faire le premier pas.”

Alors que le monde retient son souffle, une chose est sûre : le détroit d’Ormuz reste une ligne rouge. Toute erreur de calcul pourrait enflammer une région déjà instable, avec des répercussions bien au-delà du golfe Persique.

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