Téhéran : Un couple d’influenceurs condamné à plus de dix ans de prison pour “indécence” et soutien aux protestations
Téhéran, Iran – Un couple d’influenceurs iraniens, Astiazh Haghighi et son mari, Amir Ahmadi, ont été condamnés chacun à 10 ans et 6 mois de prison par un tribunal de Téhéran, pour des accusations incluant la “promotion de l’impureté et de l’indécence”, la “collusion contre la sécurité nationale” et la “propagande contre le régime”. La sentence combinée représente plus de 21 ans d’emprisonnement. Ils ont également été interdits d’utiliser les réseaux sociaux et de quitter le pays pendant deux ans.
L’affaire intervient dans un contexte de répression croissante des libertés individuelles et de la liberté d’expression en Iran, exacerbée par les protestations massives qui ont secoué le pays ces derniers mois.Les deux influenceurs sont connus pour leurs vidéos de danse et leur style de vie moderne,souvent perçu comme une remise en question des normes sociales conservatrices iraniennes.
Leur arrestation et leur condamnation s’inscrivent dans une vague d’arrestations visant des personnalités publiques qui ont exprimé leur soutien aux manifestants ou critiqué la réponse du gouvernement aux protestations. Ces protestations ont été déclenchées par la mort de Mahsa Amini,une jeune femme de 22 ans décédée en garde à vue après avoir été arrêtée par la police de la moralité pour un port jugé “inapproprié” du hijab.
Parmi les autres personnalités arrêtées figurent l’actrice taraneh Alidoosti, connue pour son rôle dans le film acclamé “Le Client”, et la chef cuisinière Navab Ebrahimi.Haghighi avait publiquement exprimé son soutien à Mahsa Amini en septembre dernier,appelant à la solidarité entre les Iraniens. Son dernier message sur Instagram date du 28 septembre 2022, tandis que le dernier post d’Ahmadi remonte à début septembre.
Contexte : La répression en Iran et la lutte pour les libertés individuelles
La République islamique d’Iran est régie par un système théocratique strict, où les lois et les normes sociales sont fortement influencées par l’interprétation de l’islam. Les restrictions sur les libertés individuelles, notamment en matière de tenue vestimentaire, de liberté d’expression et de rassemblement, sont courantes.
Les protestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini ont mis en lumière le mécontentement croissant de la population iranienne face à ces restrictions et à la situation économique difficile du pays. Elles ont également révélé une fracture profonde entre les générations, les jeunes étant particulièrement enclins à remettre en question les normes sociales traditionnelles et à revendiquer davantage de libertés.
La réponse du gouvernement iranien aux protestations a été marquée par une répression violente, avec des arrestations massives, des condamnations à mort et des restrictions d’accès à Internet. Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent régulièrement les violations des droits humains en Iran et appellent à la libération des prisonniers d’opinion.
L’affaire du couple d’influenceurs est un exemple frappant de la manière dont le régime iranien tente de contrôler l’espace public et de réprimer toute forme de dissidence, même celles exprimées sur les réseaux sociaux. Elle souligne également l’importance de la liberté d’expression et de la lutte pour les droits humains en Iran.
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