Des peines d’emprisonnement à durée indéterminée au Royaume-Uni : l’espoir renaît pour cinq détenus
Londres – Cinq prisonniers purgeant des peines à durée indéterminée, connues sous le nom de peines IPP (Imprisonnement pour Protection du Public à durée indéterminée), ont vu leur cas renvoyé à la Cour d’appel, a révélé le programme Newsnight de la BBC. Cette décision intervient alors que le système IPP, aboli en 2012, continue d’affecter près de 2 800 personnes incarcérées au Royaume-Uni.
Ces peines, initialement conçues pour les individus jugés dangereux mais dont les crimes ne justifiaient pas une peine de prison à vie, ont été critiquées pour leur durée potentiellement illimitée et leur impact psychologique dévastateur sur les détenus. Le système IPP, selon la Commission d’examen des cas criminels (CCRC), se basait sur une évaluation des risques futurs plutôt que sur les faits avérés du crime commis.
Dame Vera Baird, présidente par intérim de la CCRC, a expliqué à Newsnight que les cinq hommes renvoyés en appel étaient tous âgés de moins de 20 ans au moment de leur condamnation, entre 2002 et 2010. “Nous pensons que ces cinq hommes pourraient bénéficier des mêmes ouvertures que trois autres jeunes hommes récemment libérés sur des appels similaires”, a-t-elle déclaré, soulignant un possible changement d’attitude de la Cour d’appel envers les jeunes condamnés. “La Cour a commencé à reconnaître que les jeunes hommes à l’époque de leur condamnation sont très différents des hommes mûrs.”
Le cas de Matthew Booth, 34 ans, illustre les difficultés rencontrées par les personnes sous IPP. Condamné à 15 ans pour des blessures intentionnelles et illégales, il a passé plus de six ans en prison avant d’être libéré sous licence. Cependant, il a été rappelé à quatre reprises pour des violations des conditions de sa licence, y compris une relation amoureuse non déclarée.
“Je ne pense pas qu’un enfant devrait être condamné à une IPP, parce que ce que vous traversez…”, a confié Booth à la BBC, s’exprimant pour la première fois depuis sa dernière libération. “On a l’impression qu’il n’y a aucune aide, aucun espoir. Ça vous ronge. Ça vous change. C’est ce qui s’accumule en vous, dans votre caractère.”
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’une interview de Matthew Booth ou d’un reportage sur les IPP : <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ID_DE_LA_VIDEO" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>]
Le Ministère de la Justice a reconnu que les peines IPP étaient problématiques et a affirmé avoir pris des mesures pour aider les détenus à retrouver leur liberté. Un porte-parole a déclaré qu’une modification de la législation permettrait d’accélérer l’examen des demandes de fin de licence pour ceux qui purgent leur peine en communauté.
Cependant, les critiques persistent. Les défenseurs des droits des détenus soulignent que le nombre élevé de personnes toujours incarcérées sous IPP, plus de dix ans après leur abolition, témoigne d’un système défaillant. Selon des données du Ministère de la Justice, le temps moyen passé en prison par les détenus IPP après avoir dépassé leur peine minimale est de plus de trois ans.
[Intégration potentielle d’un post Instagram d’une organisation de défense des droits des détenus sur les IPP : <blockquote class="instagram-media" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/ID_DU_POST/?utm_source=ig_embed&ig_rid=ID_DU_RID" data-instgrm-version="14"><script async src="//www.instagram.com/embed.js"></script></blockquote>]
L’affaire de ces cinq détenus renvoyés à la Cour d’appel pourrait ouvrir la voie à une réévaluation plus large des peines IPP et à une libération plus rapide de ceux qui ne présentent plus de danger pour le public. Le débat sur l’efficacité et l’équité de ces peines, qui ont eu un impact profond sur la vie de milliers de personnes, est loin d’être clos.
