L’inflation au Royaume-Uni s’est maintenue à 2,8 % en mai 2026, selon l’Office for National Statistics (ONS). Cette stabilité inattendue, qui contredit les prévisions d’une hausse à 3 %, résulte d’un équilibre entre la baisse des prix alimentaires et une pression accrue sur les coûts de transport, influencée par le conflit au Moyen-Orient.
Une stabilité inattendue face aux tensions énergétiques
Photo: Yahoo Finance UK
Le maintien du taux d’inflation à 2,8 % en mai, identique au mois d’avril, a surpris les observateurs économiques. Alors que le blocage du détroit d’Ormuz depuis mars dernier alimentait des craintes de flambée des prix, l’impact réel s’est révélé plus modéré que redouté. Comme le rapporte The Guardian, la hausse des coûts énergétiques a été compensée par un ralentissement marqué de l’inflation alimentaire.
Grant Fitzner, économiste en chef à l’ONS, a souligné que les mouvements de prix se sont neutralisés. « Ces hausses ont été compensées par la baisse des prix alimentaires, avec des diminutions de l’inflation observées sur une gamme d’articles de viande, de produits laitiers et de légumes par rapport au mois dernier, ainsi que sur le coût du fioul domestique, qui a reflué après avoir grimpé ces derniers mois », a-t-il déclaré, via Yahoo Finance UK.
Le transport : principal moteur de la hausse des coûts
Photo: The Guardian
Si l’alimentation a freiné l’indice, le secteur des transports a exercé une pression inverse. Selon les données de l’ONS, les coûts du transport ont progressé de 6,8 % en mai, contre 4,5 % en avril, atteignant leur plus haut niveau depuis décembre 2022. Cette augmentation est portée par les tarifs aériens, les taxes sur les véhicules et les prix du carburant.
Le prix des billets d’avion a notamment bondi de 10,3 % entre avril et mai, une hausse que les analystes attribuent en partie au calendrier des vacances scolaires et de Pâques, en contraste avec une baisse de 5 % observée à la même période en 2025. Parallèlement, le coût des carburants automobiles a enregistré une hausse de 25 % sur un an, d’après les chiffres relayés par The Guardian.
Perspectives économiques et accord États-Unis-Iran
Royaume-Uni : la hausse des salaires annulée par l'inflation – economy
Le marché pétrolier reste un indicateur clé. Le brut Brent se négocie actuellement sous la barre des 80 dollars, à 79,81 dollars le baril. Les espoirs de réouverture du détroit d’Ormuz, suite à l’accord conclu entre Donald Trump et le régime iranien, pourraient stabiliser davantage les prix à l’avenir, bien que les experts préviennent que la normalisation des chaînes d’approvisionnement prendra plusieurs mois.
Suren Thiru, économiste en chef à l’Institute of Chartered Accountants in England and Wales, reste prudent : « Bien que l’accord de paix américano-iranien soit arrivé trop tard pour empêcher la hausse des factures d’énergie et des coûts alimentaires de provoquer un pic d’inflation estival, si les prix du pétrole continuent de baisser, alors un pic bien inférieur à 4 % devient de plus en plus plausible », a-t-il affirmé, selon The Guardian.
Réactions politiques et contexte international
La chancelière Rachel Reeves a salué ces chiffres, y voyant la preuve de l’efficacité de la stratégie gouvernementale. « Alors que la guerre au Moyen-Orient pousse les prix à la hausse à l’échelle mondiale, nous avons le bon plan économique et l’inflation est restée stable. Nous protégeons les familles et les entreprises contre la hausse des coûts, avec des réductions des factures d’énergie et des gels des droits sur le carburant et des tarifs ferroviaires », a déclaré la chancelière, citée par The Guardian.
À l’échelle internationale, la situation reste contrastée. Comme le souligne la BBC, le taux d’inflation aux États-Unis a atteint 4,2 % en mai, son plus haut niveau depuis trois ans, tandis que la Suède affiche 1,5 % et la France une estimation provisoire de 2,8 %. Ces données confirment que le Royaume-Uni, malgré ses défis, s’inscrit dans une tendance mondiale où les effets des conflits géopolitiques sur les prix de l’énergie restent le facteur dominant.