L’île de Kharg, point névralgique du conflit Iran-États-Unis, au cœur des tensions dans le Golfe Persique
DUBAÏ, Émirats arabes unis (AP) – Une frappe américaine sur l’île iranienne de Kharg, cruciale pour les exportations pétrolières du pays, a intensifié les tensions dans le Golfe Persique, ravivant les craintes d’une escalade du conflit. Si l’infrastructure pétrolière de l’île n’a pas été directement touchée, le président Donald Trump a averti qu’il pourrait reconsidérer sa position si l’Iran ou d’autres acteurs venaient à perturber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Kharg, un étroit récif corallien au large de la côte iranienne, est devenue un point central de la confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël, selon des experts. L’île est le principal terminal d’exportation du pétrole iranien, et toute perturbation de ses activités aurait des conséquences économiques majeures.
Depuis le début des hostilités, l’Iran a exporté 13,7 millions de barils de pétrole, avec des tankers régulièrement observés en train de charger sur Kharg, selon la société d’intelligence maritime TankerTrackers.com. Le pétrole représente une part significative des revenus de l’Iran, et une perte de contrôle de Kharg rendrait le fonctionnement du pays difficile, quel que soit le régime en place.
« Il n’importe pas quel régime est au pouvoir – nouveau ou ancien », a déclaré Petras Katinas, chercheur en énergie au Royal United Services Institute. « Une prise de contrôle donnerait aux États-Unis un levier important dans les négociations avec l’Iran, car l’île est le principal nœud de son économie. »
JPMorgan a également mis en garde cette semaine contre les importantes implications économiques d’une frappe sur l’île.
D’autres îles contestées
Les tensions s’étendent à d’autres îles du Golfe Persique. Les îles d’Abu Musa et des Tunbs Majeure et Mineure, occupées par l’Iran depuis 1971 après le retrait britannique de la région, sont au cœur d’un différend territorial persistant avec les Émirats arabes unis. L’Iran y maintient des garnisons militaires.
Plus au sud, l’île de Qeshm, la plus grande du Golfe Persique, a également été touchée par les tensions. L’Iran affirme que les États-Unis ont frappé une usine de dessalement sur l’île le 8 mars, une allégation non confirmée par Washington. Un drone iranien aurait également causé des dommages à une usine de dessalement à Bahreïn le lendemain.
Ces incidents soulignent la fragilité de la situation dans le Golfe Persique et le risque d’une escalade incontrôlée. L’attaque contre l’infrastructure iranienne, même sans destruction directe de ses capacités pétrolières, est perçue comme un geste dangereux par Téhéran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que « l’attaque contre les infrastructures iraniennes est une mesure dangereuse aux conséquences graves ».
