Ignazio Cassis visite Pyongyang pour relancer le dialogue diplomatique

Le conseiller fédéral suisse Ignazio Cassis est arrivé à Pyongyang le jeudi 29 octobre 2026 pour une visite officielle de deux jours, marquant la première visite d’un conseiller fédéral en Corée du Nord depuis 2003. Cette démarche accompagne la réouverture officielle d’un bureau diplomatique permanent le 19 octobre afin de renouer le dialogue politique direct.

La réouverture du bureau diplomatique à Pyongyang et la visite d’Ignazio Cassis

La Suisse rétablit une présence diplomatique permanente en RPDC avec un bureau situé dans la capitale nord-coréenne qui est de nouveau opérationnel depuis le 19 octobre 2026. Cette antenne dépend administrativement de l’ambassade de Suisse à Pékin, qui demeure l’entité compétente pour les relations diplomatiques et consulaires avec la République populaire démocratique de Corée.

Le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Ignazio Cassis, s’est rendu sur place pour assister à l’inauguration officielle de cette représentation. Durant son séjour de deux jours s’achevant le vendredi 30 octobre 2026, il a rencontré la ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Choe Son Hui, ainsi que le secrétaire du Comité central du Parti des travailleurs de Corée, Jo Yong Won, selon les informations partagées sur le réseau social X par le magistrat tessinois.

Swiss Foreign Minister Reopens Diplomatic Office in North Korea

Les thèmes des discussions et les objectifs stratégiques de Berne

Les entretiens menés à Pyongyang ont abordé la normalisation des relations politiques et la reprise d’un dialogue direct avec le régime de Kim Jong Un. D’après les communications officielles du DFAE, les pourparlers ont également porté sur la situation sécuritaire dans la péninsule coréenne et sur les défis plus larges en matière de sécurité en Eurasie.

Pour Berne, l’objectif consiste à maintenir un canal de communication direct, y compris sur les sujets de désaccord persistant. Nicolas Bideau, porte-parole du DFAE, a résumé cette approche en expliquant que la Suisse entend dialoguer physiquement à Pyongyang pour gagner en crédibilité et participer à la stabilité politique régionale.

Ignazio Cassis se rend jeudi en Corée du Nord. Pour watson, l'ancien ambassadeur Thomas Borer répond aux principales
Photo : Watson

La Suisse n’est pas d’accord avec les activités de la Corée du Nord dans le domaine du nucléaire et sa participation à l’agression russe en Ukraine, mais la Suisse a une tradition des bons offices. Vous devez pouvoir parler avec la Corée du Nord.

Nicolas Bideau, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE)

L’engagement historique de la Suisse dans la péninsule coréenne

Ce déplacement ne relève pas de l’improvisation, mais s’inscrit dans la continuité d’un engagement helvétique de longue date. Dès 1953, à la fin de la guerre de Corée, la Commission de supervision des nations neutres a désigné la Suisse pour surveiller la ligne de démarcation entre les deux Corées, constituant la plus ancienne mission de paix suisse. Par la suite, Berne a officialisé ses liens diplomatiques en 1974 et a accueilli à Genève, entre 1997 et 1999, des pourparlers quadripartites incluant les deux Corées, la Chine et les États-Unis.

Avant cette réouverture, la Suisse disposait d’un bureau de coopération humanitaire fermé en 2001, tandis que le bureau précédent avait dû suspendre ses activités en mars 2020 en raison de la pandémie de Covid-19.

La poursuite de la tournée régionale à Séoul

Après avoir achevé sa séquence nord-coréenne le vendredi 30 octobre 2026, Ignazio Cassis a traversé la frontière pour entamer la deuxième étape de sa tournée en se rendant à Séoul, en Corée du Sud, où il est attendu pour des entretiens durant le week-end. Les autorités sud-coréennes s’intéressent de près aux teneurs des échanges tenus à Pyongyang, dans un contexte où les relations intercoréennes demeurent particulièrement tendues.

À lire aussi