La Maison-Blanche a retiré, jeudi 17 septembre 2026, la nomination de Lance Schroyer à la tête de l’agence américaine de l’immigration (ICE). Cette décision intervient après le blocage du sénateur républicain Rand Paul, qui réclamait des comptes sur la mort de deux citoyens américains tués par des agents fédéraux à Minneapolis.
Le retrait de Lance Schroyer et l’impasse au Sénat
L’administration a officialisé jeudi dans un court mémo le retrait de Lance Schroyer, ancien policier de l’État de l’Oklahoma, choisi en juin pour diriger l’U.S. Immigration and Customs Enforcement.
Le choix de M. Schroyer avait surpris en raison de sa faible expérience dans la gestion d’une aussi vaste structure fédérale.
Les tirs mortels de Minneapolis et la fronde du Sénat
Le blocage de la nomination n’est pas le fait du hasard. Le sénateur Rand Paul, républicain du Kentucky et président de la commission de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales du Sénat, a mené l’opposition. Il exigeait des réponses précises sur une enquête interne concernant les tirs de l’ICE et des gardes-frontières qui ont coûté la vie à deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, tués lors de manifestations distinctes à Minneapolis en janvier.

Je n’ai pas de problème avec l’identité du candidat. Je leur avais demandé de me donner le point sur l’enquête interne concernant les décès civils. Et j’attends toujours. Sen. Rand Paul, R-Ky., président de la commission de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales du Sénat
L’interrogation de M. Paul a fini par paralyser le processus. Le dirigeant de la commission a appris le retrait de la candidature directement par l’annonce publique de la Maison-Blanche, sans consultation préalable.
L’intérim de David Venturella et la pression sur les expulsions
En attendant qu’un nouveau nom soit proposé, la direction de l’agence reste assurée par David Venturella, ancien dirigeant d’une société carcérale privée qui avait repris les rênes après le départ de Todd Lyons en avril dernier. L’agence n’a plus connu de directeur validé par les sénateurs depuis l’administration Obama, l’organisme fonctionnant exclusivement sous des directions intérimaires successives.

Cette reculade constitue un revers politique pour l’exécutif au moment où les arrestations atteignent des sommets, frôlant les 51 000 en août, soit le chiffre mensuel le plus élevé depuis le début du second mandat de Donald Trump. La stratégie sécuritaire suscite également des divisions au sein même de la majorité. La représentante républicaine de Floride Maria Elvira Salazar a ainsi exprimé publiquement ses réserves dans une publicité télévisée diffusée jeudi, avertissant que l’intensification des expulsions aliénait une partie de l’électorat hispanique.
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