Donald Trump juge l’unification de l’Irlande fantastique et inévitable

En visite en Irlande pour un tournoi de golf ce samedi 12 septembre 2026, Donald Trump a déclaré qu’une unification de la république d’Irlande et de l’Irlande du Nord serait fantastique et inévitable. Cette prise de position rompt avec la neutralité historique des États-Unis et provoque des remous à Londres.

Une déclaration inattendue à Dublin sur l’avenir de l’île

L’avion présidentiel américain, un appareil offert par le Qatar, s’est posé peu avant 8 h 25 locales (7 h 25 GMT) à l’aéroport de Dublin, marquant le début d’une visite de deux jours placée officiellement sous le signe du golf. Pourtant, c’est sur le plan diplomatique que le dirigeant américain a immédiatement capté l’attention. Lors d’un point-presse conjoint avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin au cœur de la capitale irlandaise, Donald Trump a pris tout le monde de court en plaidant de manière inattendue pour une Irlande “unifiée”.

Donald Trump, président des États-Unis, a déclaré qu’il pensait que ce serait fantastique et qu’il ne voyait pas comment cela pourrait être mauvais.

Interrogé par un journaliste sur la réunification de l’île, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé qu’il adorerait voir ce scénario se concrétiser. Je pense que ce serait un grand trophée pour tout le monde si cela se produisait. Vous savez quoi ? Telle que je vois les choses, cela va arriver un jour ou l’autre. Ça finira par arriver, un jour ou l’autre, a-t-il prédit, tout en reconnaissant que le Royaume-Uni aurait son mot à dire sur ce dossier sensible. Dans un discours prononcé ensuite à l’ambassade américaine à Dublin, Donald Trump a semblé satisfait d’avoir jeté un pavé dans la mare, déclarant en riant : C’est une de ces questions où, quoi que vous disiez (…), il n’y a pas de bonne réponse.

La fin de la neutralité américaine et la réaction de Londres

Jusqu’à présent, les États-Unis affichaient une position de neutralité, estimant que c’était aux populations concernées de trancher. En s’écartant de cette ligne, le président américain a provoqué une réaction immédiate du gouvernement britannique. À Downing Street, un porte-parole a indiqué que le Premier ministre britannique Andy Burnham continuait de penser que les conditions requises sous l’accord du Vendredi saint de 1998 pour organiser un référendum sur l’avenir constitutionnel de l’Irlande du Nord n’étaient pas réunies, affirmant qu’il y avait un soutien public insuffisant dans le territoire. L’exécutif a ainsi rejeté les commentaires du président américain.

« J'adore les fusions… » : Trump semble plaisanter sur l'unification irlandaise lors d'un événeme…
UK premier rejects Trump's call for Irish unification, cites lack of public support
Photo: aa.com.tr

Avant cet échange, Donald Trump s’était entretenu avec la présidente de la République d’Irlande, Catherine Connolly, entrée en fonction en octobre 2025. Figure de la gauche radicale, âgée de 69 ans, pacifiste, anti-Otan et fervente partisane de l’unification ayant déjà émis le souhait de la voir de son vivant, la dirigeante a offert à son homologue un recueil de Michael Longley, poète de Belfast mort en 2025, connu pour un poème écrit pendant les Troubles en Irlande du Nord, intitulé “Ceasefire(Cessez-le-feu). Cet entretien protocolaire a précédé sa rencontre avec Micheal Martin, avec qui il a indiqué avoir uneexcellente” relation après l’avoir reçu à deux reprises à la Maison-Blanche. Les positions du gouvernement irlandais divergent de celles de l’administration Trump sur plusieurs dossiers, notamment la question palestinienne, dont Dublin est l’un des plus fervents soutiens en Europe.

Un déplacement entre enjeux diplomatiques et intérêts privés

Ce voyage en Irlande illustre une nouvelle fois le mélange des genres reproché au dirigeant républicain, qui promeut ouvertement ses activités de golf depuis son retour à la Maison-Blanche pour un second mandat en janvier 2025, sans se soucier des critiques. Pour sécuriser l’événement, ce sont au moins 4 000 policiers et membres des forces de sécurité qui ont été mobilisés, constituant l’une des plus importantes opérations de sécurité jamais menées dans le pays, avec une lourde facture estimée à 20 millions d’euros. Le président était accompagné pour ce déplacement de son épouse, de ses enfants, de son fils Don Jr., ainsi que de Natalie Harp, une assistante dont la proximité avec lui est très commentée à Washington. Des opposants au dirigeant américain ont également prévu de manifester à Dublin.

Donald Trump juge l'unification de l'Irlande fantastique et inévitable
Photo: france24.com
Trump says Irish unification would be ‘fantastic’

Pour Richard Painter, professeur de droit à l’Université du Minnesota, cela ne va pas aider le Parti républicain lors des élections de mi-mandat de novembre de voir le président parcourir ses terrains de golf et les promouvoir auprès des plus fortunés, alors que les conservateurs redoutent de perdre le contrôle du Congrès en raison du mécontentement face au coût de la vie, à la guerre en Iran et à leur président. De son côté, Daniel Geary, professeur d’histoire américaine au Trinity College de Dublin, a résumé la situation en déclarant à l’AFP qu’il venait essentiellement visiter le complexe de golf qu’il possédait, avec un passage à Dublin pour une visite de courtoisie.

Après ses engagements à Dublin, le président américain doit rejoindre le complexe hôtelier et golf de Doonbeg, un site côtier isolé du comté de Clare acheté par la Trump Organization en 2014, où se déroule le tournoi Irish Open. Environ 40 000 spectateurs sont attendus sur place pendant le week-end, où le golfeur nord-irlandais Rory McIlroy, six fois vainqueur d’un tournoi majeur et deuxième joueur mondial, est le joueur vedette de la compétition. Ce dernier a déclaré que la présence de Donald Trump rendrait le tournoi “différent”.

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