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Hongrie : Soupçons de fuites à la Russie au sein de l’OTAN

L’OTAN sous tension : La Hongrie accusée de fuites d’informations à Moscou

VARSOVIE, 24 mars – Des accusations graves pèsent sur la Hongrie, accusée par plusieurs membres de l’OTAN de compromettre la sécurité de l’alliance en transmettant potentiellement des informations confidentielles à la Russie. Les révélations, qui interviennent dans un contexte de tensions accrues avec Moscou suite à la guerre en Ukraine, ont été rendues publiques par le Premier ministre polonais Donald Tusk.

Selon Tusk, la Lituanie avait déjà exprimé ses préoccupations dès 2019, demandant l’exclusion de la délégation hongroise d’une réunion de l’OTAN, suspectant qu’elle divulguait des informations sensibles à Moscou. Ces allégations font écho à un récent rapport du Washington Post qui affirmait que le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, informait régulièrement son homologue russe, Sergueï Lavrov, lors de réunions de l’Union européenne.

Szijjarto a initialement qualifié ces informations de « fausses nouvelles », mais a ensuite admis avoir consulté des représentants de pays tiers, dont la Russie, les États-Unis, la Turquie et Israël, avant ou après les réunions des ministres des Affaires étrangères de l’UE, jugeant cette pratique « parfaitement naturelle ».

Les autorités lituaniennes ont également évoqué des « soupçons » similaires en 2024, selon des déclarations du ministre des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis. Lors de la préparation du sommet de Vilnius en 2023, la Lituanie aurait cherché à exclure les représentants hongrois des discussions les plus sensibles.

L’ambassadeur lituanien auprès de l’OTAN entre 2015 et 2020, Vytautas Leskevicius, a cependant déclaré ne pas se souvenir d’une telle demande d’exclusion.

L’OTAN s’est montrée prudente, se limitant à déclarer qu’elle ne commentait pas les déclarations individuelles de responsables de l’alliance.

Ces accusations interviennent alors que la Hongrie maintient des liens étroits avec le gouvernement de Vladimir Poutine, se démarquant souvent des politiques pro-Kyiv de l’UE. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a d’ailleurs ordonné une enquête sur ce qu’il qualifie de « piratage » de son ministre des Affaires étrangères.

Moscou n’a pour l’instant pas commenté ces accusations, se contentant de dénoncer régulièrement ce qu’elle considère comme des « fausses accusations » de la part de l’Occident.

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