Trois militants hongkongois de la mémoire de Tiananmen, dont Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung, ont été condamnés vendredi 11 septembre 2026 à des peines de cinq à plus de sept ans de prison pour incitation à la subversion
, au terme d’un procès vivement critiqué par plusieurs gouvernements étrangers et organisations de défense des droits humains.
La justice de Hong Kong a frappé fort ce vendredi.
Des peines de prison allant de cinq à sept ans pour les figures de l’Alliance
Les condamnations prononcées le 11 septembre 2026 touchent directement les principaux organisateurs des rassemblements commémoratifs de l’ancienne colonie britannique. Lee Cheuk-yan, âgé de 69 ans, et Chow Hang-tung, âgée de 41 ans, qui avaient plaidé non coupable, ont été condamnés respectivement à sept ans et à sept ans et trois mois de réclusion, selon les journalistes présents à l’audience. Albert Ho, âgé de 74 ans et qui avait choisi de plaider coupable, s’est vu infliger une peine de cinq ans et deux mois de prison.
Ces peines sanctionnent les activités menées au sein de l’Alliance de Hong Kong, un regroupement prodémocratie aujourd’hui dissous. Ce groupe pilotait chaque année les veillées aux bougies organisées au parc Victoria, ainsi qu’un musée consacré aux événements de 1989 et la préservation de la statue dite de la Colonne de la honte
. La cour a estimé en août que ces militants avaient enfreint la constitution chinoise en appelant à mettre fin à la dictature du parti unique.
La mémoire du 4 juin 1989 ciblée par le tribunal de Hong Kong
Pendant des décennies, Hong Kong et Macao constituaient les seuls territoires sous souveraineté chinoise où la population pouvait publiquement commémorer la répression sanglante menée le 4 juin 1989 par l’armée chinoise contre les manifestants de la place Tiananmen à Pékin. Ces rassemblements sont devenus impossibles de facto depuis que le pouvoir chinois a promulgué en 2020 la loi sur la sécurité nationale, consécutive aux manifestations massives et parfois violentes de 2019.

Avant l’énoncé de son jugement, Chow Hang-tung a dénoncé publiquement une manœuvre politique visant à effacer l’histoire collective. Elle a affirmé que ces poursuites constituaient une tentative d’effacer la mémoire, en particulier celle du 4 juin, en donnant une importance excessive à certains slogans.
Condamnations internationales et réactions des organisations de défense des droits
La sévérité de ces verdicts a immédiatement provoqué de vives réactions diplomatiques et associatives à l’international. L’Allemagne et la France ont publié une déclaration conjointe pour manifester leur désapprobation face à cette décision judiciaire visant des militants pacifiques.

Les gouvernements allemand et français, via Deutsche Welle, ont déclaré qu’ils regrettaient profondément le verdict de culpabilité prononcé contre l’avocate spécialiste des droits de l’homme et militante pour la démocratie Chow Hang-tung.
Les deux capitales européennes ont rappelé que la défense pacifique des droits de l’homme ne constitue pas un crime et ont exigé la libération immédiate de Chow Hang-tung, qui avait d’ailleurs reçu le prix franco-allemand des droits de l’homme en 2023.

À Taïwan, l’organe gouvernemental en charge des affaires continentales a fustigé des procès politiques dictés par la volonté de protéger un régime autoritaire, exigeant également la libération des détenus. Du côté des organisations non gouvernementales, Elaine Pearson, directrice pour l’Asie de Human Rights Watch, a estimé que ces sanctions démontrent la cruauté et l’insécurité d’un gouvernement qui craint la mémoire et le peuple.
Amnesty International a qualifié la situation de triple tragédie, touchant à la fois les militants condamnés, les victimes de la répression historique et les générations futures privées de tout débat sur cette page de l’histoire chinoise. Un comptage officiel arrêté au début du mois d’août indique que les autorités locales ont procédé à 415 arrestations pour des infractions liées à la sécurité nationale depuis l’entrée en vigueur de la législation, aboutissant à 185 condamnations à ce jour.
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