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Henry Kissinger: Portrait d’un diplomate de légende

Henry Kissinger: Portrait d’un diplomate de légende

Henry Kissinger est un exemple récent. En juillet, il s’était rendu à Pékin pour rencontrer le président chinois Xi Jinping, qui l’avait salué en tant que “diplomate légendaire” pour avoir permis le rapprochement entre la Chine et les États-Unis dans les années 1970. Personne n’a eu autant d’impact sur la politique étrangère américaine de la seconde moitié du XXe siècle que ce négociateur redoutable, aussi susceptible qu’autoritaire.

Un véritable “faucon”

Henry Kissinger est à la fois l’initiateur pragmatique d’une “Realpolitik américaine” et un véritable “faucon”, ce qui fait de lui un personnage complexe qui suscite l’admiration ou la haine.

Henry Kissinger, né le 27 mai 1923 à Fürth en Bavière, a été profondément marqué par le nazisme. Il a dû fuir en Amérique avec sa famille à l’âge de 15 ans en raison de ses origines juives allemandes. Naturalisé américain à 20 ans, il a rejoint le contre-espionnage militaire et a servi dans l’armée américaine en Europe en tant qu’interprète en allemand.

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Henry Kissinger, en mars 1974 à Tel Aviv. — © AFP

Après la Seconde Guerre mondiale, il a poursuivi ses études à Harvard, où il a obtenu un diplôme en relations internationales avant d’y enseigner et de devenir l’un des directeurs. C’est à ce moment que les présidents démocrates John Kennedy et Lyndon Johnson ont commencé à solliciter l’avis de cet brillant et ambitieux professeur.

C’est sous l’administration républicaine de Richard Nixon qu’il s’est imposé comme le visage de la diplomatie mondiale. Il a été appelé à la Maison-Blanche en 1969 en tant que conseiller à la sécurité nationale, puis comme secrétaire d’État – un poste qu’il a cumulé de 1973 à 1975, et il est resté aux Affaires étrangères sous Gerald Ford jusqu’en 1977.

C’est à cette époque qu’il a lancé une “Realpolitik” américaine, amorçant la détente avec l’Union soviétique et le dégel des relations avec la Chine de Mao lors de voyages secrets pour organiser la visite historique de Nixon à Pékin en 1972. Il a également mené, toujours dans le plus grand secret et en parallèle aux bombardements de Hanoï, des négociations avec Le Duc Tho pour mettre fin à la guerre du Vietnam.

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Des accusations de crimes de guerre

La signature d’un cessez-le-feu lui a valu le prix Nobel de la paix avec le Nord-Vietnamien en 1973. Cependant, Le Duc Tho a refusé la récompense, l’une des plus controversées de l’histoire du Nobel. Ses détracteurs ont longtemps réclamé son jugement pour crimes de guerre. Ils dénoncent sa politique étrangère sulfureuse et moins ouverte, notamment son implication dans les bombardements massifs au Cambodge ou son soutien au président indonésien Suharto, dont l’invasion du Timor oriental a entraîné 200 000 morts en 1975.

Mais c’est surtout le rôle de la CIA en Amérique latine, souvent sous son impulsion directe, qui a terni son image, à commencer par le coup d’État de 1973 au Chili qui a porté Augusto Pinochet au pouvoir après la mort de Salvador Allende. Au fil des années, les archives ont révélé les contours et l’étendue du “Plan Condor” pour l’élimination des opposants aux dictatures sud-américaines des années 1970-1980.

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Malgré ces épisodes, Kissinger est resté influent. En janvier 2023, il avait plaidé pour un soutien continu à l’Ukraine, qu’il estimait devoir rejoindre l’OTAN. Il est l’auteur de “L’Ordre du monde” en 2014, père de deux enfants et marié depuis 1974 en secondes noces avec la philanthrope Nancy Maginnes.

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