Des milliers de protheses de jambe abandonnées en Belgique trouvent une seconde vie dans les zones de conflit grâce au projet Liimba lancé par Handicap International. L’initiative récupère et reconditionne des composants encore fonctionnels, réduisant les coûts de production de quatre-vingt-trois pour cent pour des patients qui n’auraient autrement aucun accès à l’appareillage.
Le projet Liimba et la récupération des protheses en Belgique
Chaque année en Belgique, des milliers de protheses de jambe fonctionnelles finissent au rebut. Pour contrer ce gaspillage, Handicap International a officiellement inauguré le projet Liimba, un programme de recyclage et de reconditionnement d’appareils orthopédiques. L’organisation collabore avec des centres spécialisés et des hôpitaux dans plusieurs pays européens, dont la Belgique, l’Allemagne, la France, le Luxembourg et la Suisse.
La double voyelle finale représente quant à elle les deux jambes. En Belgique, dix-sept points de collecte sont actuellement actifs, avec l’ambition d’atteindre le nombre de cent. L’objectif fixé pour cette année est de récolter trois cents protheses destinées à être démontées et nettoyées dans un atelier spécialisé situé à Lyon, en France.
Une baisse spectaculaire des coûts de fabrication pour les patients
Dans les pays industrialisés comme la Belgique, les patients reçoivent en moyenne une nouvelle prothese tous les trois à cinq ans. Chez les enfants, la croissance rapide nécessite même un remplacement tous les douze à dix-huit mois. Les pièces délaissées possèdent pourtant bien souvent des composants mécaniques parfaitement intacts.
Une fois acheminés vers l’atelier de Lyon, les éléments récupérés sont rigoureusement contrôlés avant d’être expédiés vers des régions touchées par des conflits, telles que le Yémen, l’Éthiopie et l’Ouganda. Sur place, des équipes locales assemblent ces pièces pour concevoir des appareils sur mesure. Seule l’emboîture, la partie qui relie le membre résiduel à la prothese, est refaite à neuf, souvent à l’aide d’une imprimante tridimensionnelle.
Antoine Sepulchré a déclaré que « le coût d’une prothèse récupérée et revalorisée est inférieur de 83 pour cent à celui d’une neuve ».
Cette approche hybride, combinant des pièces recyclées et une emboîture imprimée, permet de division drastique des dépenses de fabrication. Le directeur général souligne également l’ampleur de la crise humanitaire à l’échelle mondiale : Wereldwijd zit 80 procent zonder
, rappelle-t-il, soulignant que huit personnes sur dix ayant besoin d’un tel dispositif n’ont concrètement aucun moyen de se procurer un exemplaire neuf.
Le partenariat avec Spronken Orthopedie et l’impact sur le terrain
L’entreprise Spronken Orthopedie, dont le siège social se trouve à Genk, s’associe activement à cette démarche solidaire. Handicap International bénéficie ainsi d’un ancrage logistique précieux en Région flamande. Les professionnels locaux saluent l’opportunité d’offrir une seconde chance à des personnes privées de mobilité dans des contextes de grande vulnérabilité.
L’impact de ces dispositifs se mesure directement dans la vie des bénéficiaires. C’est le cas de Justine Riziki, une mère de famille de trente et un ans originaire du Congo. Ayant fui son pays natal avec son époux pour trouver refuge en Ouganda après avoir subi tous deux une amputation, elle a pu recevoir une prothèse grâce à ce type de soutien. Elle exerce désormais le métier de cordonnier et s’investit comme bénévole auprès de l’organisation pour aider d’autres personnes en situation de handicap.
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