L’Australie fait face à une propagation inédite du virus de la grippe aviaire hautement pathogène H5N1 parmi sa faune sauvage, avec près de 290 foyers confirmés dans les six États. Les autorités sanitaires et environnementales redoutent des impacts durables sur les espèces endémiques.
La situation épidémiologique liée au virus H5N1 s’accélère à travers le territoire australien. L’Australie, qui constituait le dernier continent épargné par cette souche spécifique, fait face à une dissémination rapide qui touche l’ensemble des États de la fédération.
Une répartition géographique marquée par de fortes disparités
L’État d’Australie méridionale s’avère le plus touché par la épizootie, comptabilisant 177 foyers, suivi de près par Victoria avec 84 cas enregistrés. Les autorités fédérales et les agences de protection de la nature soulignent que ces chiffres de cas confirmés masquent probablement une réalité plus vaste, les bilans s’établissant désormais sur la base d’événements sanitaires regroupant un ou plusieurs spécimens touchés, comme l’explique le point de situation diffusé par l’organisation de protection de la nature WWF.
- Australie occidentale : 10 foyers recensés.
- Nouvelle-Galles du Sud : 5 foyers signalés.
- Tasmanie : 6 foyers.
- Queensland : 1 foyer.
La transmission locale confirmée au sein de l’avifaune native
La ministre de l’Agriculture, des Pêches et des Forêts, Julie Collins, a officialisé le fait que le virus se transmet désormais localement au sein même des populations d’oiseaux sauvages natifs. Lors d’un point presse, elle a précisé que des cas de transmission interespèces avaient été documentés parmi les sternes huppées dans l’État d’Australie méridionale, amorçant une phase critique de la gestion sanitaire (comme l’a rapporté l’agence Reuters).

Julie Collins, ministre de l’Agriculture, des Pêches et des Forêts, a indiqué via Reuters qu’en dépit de l’absence de toute preuve de mortalité massive à ce stade, il fallait s’attendre, avec cette transmission locale, à de nouvelles détections au sein de la faune sauvage australienne.
Cependant, de nouveaux épisodes de mortalité massive sont venus contredire ces prévisions initiales. Des signalements récents font état de mortalités de grande ampleur, notamment sur l’île Troubridge et les îlots North Page et South Page près de l’île Kangaroo, où plus d’un millier de sternes huppées ont succombé.
Des répercussions redoutées sur la biodiversité unique du pays
L’isolement géographique de l’Australie, qui a longtemps protégé sa faune des grandes pandémies animales, se retourne aujourd’hui contre ses écosystèmes. Les espèces locales ne disposent d’aucune immunité préalable face à la clade 2.3.4.4b du virus H5N1. Le ministre de l’Environnement, Murray Watt, a souligné lors d’une communication relayée par le média Tempo que la population doit se préparer à une période difficile pour la faune sauvage, l’éradication de la maladie n’étant plus une option réaliste.
Les biologistes et les défenseurs de l’environnement s’inquiètent particulièrement pour les espèces déjà menacées d’extinction. Le cygne noir, l’emblématique perruche de Latham, le perroquet de Coxen ou encore les otaries à fourrure d’Australie figurent parmi les populations les plus vulnérables en raison de leur sensibilité génétique et de leurs habitudes de vie coloniales ou charognardes.
Mesures de surveillance et consignes à destination du public
Des experts universitaires comme le professeur Tim Inglis rappellent que le mode de propagation principal repose sur les contacts avec les sécrétions corporelles des animaux infectés le long des couloirs de migration.
Les autorités sanitaires appellent la population à la plus grande vigilance et demandent formellement d’éviter tout contact direct avec des animaux trouvés malades ou inanimés, tout en mettant à disposition une ligne d’urgence dédiée pour signaler les cas suspects.
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