La guerre américano-iranienne dépasse les 11 milliards de dollars en six jours, l’administration Trump sème la confusion
WASHINGTON – La guerre entre les États-Unis et l’Iran a déjà coûté plus de 11,3 milliards de dollars en six jours, selon des informations révélées par des responsables du Pentagone aux législateurs américains. Ce chiffre, rapporté par plusieurs médias dont le New York Times, ne prend pas en compte les coûts préparatoires liés au déploiement de matériel et de personnel militaire.
Le sénateur Chris Coons (D-Del.) a estimé mercredi que le coût réel des opérations est "significativement plus élevé", soulignant que le simple remplacement des munitions utilisées a déjà dépassé les 10 milliards de dollars.
L’administration Trump, tout en indiquant qu’elle soumettrait une demande de financement supplémentaire au Congrès, n’a pas précisé de calendrier. Le président du comité des forces armées du Sénat, Roger Wicker, a déclaré ne pas s’attendre à cette demande avant la fin du mois de mars.
Le Pentagone, dans un communiqué laconique, a refusé de commenter les discussions à huis clos ou les coûts de l’"Opération Epic Fury", affirmant qu’une évaluation précise ne sera possible qu’à la fin de la mission.
Des estimations antérieures, citées par le New York Times et le Washington Post, font état de 5,6 milliards de dollars de munitions utilisées au cours des deux premiers jours du conflit. Le Center for Strategic and International Studies a chiffré les 100 premières heures d’opération à 3,7 milliards de dollars, soit une moyenne de 891,4 millions de dollars par jour.
Confusion sur les objectifs et la durée du conflit
L’incertitude plane également sur les objectifs à long terme de cette intervention militaire et sur sa durée. Le président Donald Trump a envoyé des signaux contradictoires, affirmant lundi lors d’une interview à CBS News que la guerre était "très complète, pratiquement terminée".
Cependant, son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré lors d’une interview à 60 Minutes quelques jours auparavant que "ce n’est que le début". Interrogé sur ces déclarations divergentes, Trump a répondu : "On peut dire les deux. C’est le début de la construction d’un nouveau pays… On pourrait considérer cela comme un immense succès dès maintenant – au moment où nous quittons cette conférence – ou nous pourrions aller plus loin, et nous allons aller plus loin."
Cette ambiguïté suscite des interrogations quant à la stratégie globale de l’administration américaine au Moyen-Orient et à ses répercussions potentielles sur la stabilité régionale. L’escalade du conflit, débutée suite à des tirs de roquettes du Hezbollah vers Israël en soutien à Téhéran, a déjà fait plus de 600 morts et déplacé plus de 800 000 personnes au Liban, selon les informations disponibles.
