Guerre en Iran : Le spectre d’une crise économique mondiale plane déjà
LONDRES – La première semaine de la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran a incité les acteurs des marchés financiers à exhumer les leçons du passé. Jim O’Neill, économiste britannique et ancien chef économiste de Goldman Sachs, se tourne vers les crises énergétiques et financières des cinquante dernières années pour tenter d’anticiper les conséquences de ce nouveau conflit.
O’Neill, qui a soutenu sa thèse de doctorat juste après la seconde crise pétrolière des années 1970 (1979-1982), se souvient d’une époque où l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) accumulait des excédents considérables et où la question de leur réinvestissement était cruciale. Son expérience personnelle, notamment le partage de bureaux avec un universitaire iranien ayant fui la révolution islamique, lui confère une perspective unique sur la situation actuelle.
L’économiste met en garde contre une hypothèse dangereuse : celle de la pérennité des prix élevés du pétrole et du gaz naturel. L’histoire a démontré que ces périodes de forte volatilité sont rarement durables.
La guerre en Iran intervient à un moment où l’économie mondiale peine à se remettre des chocs récents. Selon un rapport du Guardian, une nouvelle flambée inflationniste provoquée par ce conflit pourrait compromettre la fragile reprise économique attendue cette année. Les taux d’intérêt, déjà élevés, pourraient être contraints de grimper davantage, étouffant la croissance.
Les implications financières sont également considérables. Project Syndicate souligne que la campagne américano-israélienne pourrait attirer les « vigilantes obligataires », des investisseurs qui vendent massivement des obligations d’État en réaction à des politiques jugées trop laxistes en matière de dette. Cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt et une crise de la dette souveraine.
La situation est d’autant plus préoccupante que les États-Unis pourraient avoir du mal à financer une guerre prolongée en Iran, comme le souligne également Project Syndicate.
Par ailleurs, l’attention se détourne, même brièvement, d’autres enjeux politiques. Deux collaborateurs de Robert F. Kennedy Jr. ont quitté le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS), selon des informations rapportées par KOKH. Cet événement, bien que distinct du conflit en Iran, illustre la volatilité politique actuelle et la complexité du paysage mondial.
Alors que la situation évolue rapidement, les investisseurs, les décideurs politiques et le grand public doivent rester vigilants et s’appuyer sur les leçons du passé pour naviguer dans cette période incertaine.
