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Guerre en Iran : Marchés financiers et inflation

La guerre en Iran pèse sur les marchés mondiaux, les matières premières seules à résister

PARIS – La guerre en Iran, qui a débuté le 28 février, continue de secouer les marchés financiers mondiaux, avec une distribution inégale des pertes. Presque toutes les classes d’actifs, à l’exception des matières premières et de la liquidité, ont enregistré des baisses depuis le début du conflit, selon une analyse récente.

Un contraste frappant : les matières premières en hausse

Les matières premières sont les seules à avoir bénéficié de la situation, affichant une hausse de 4,7% depuis le début de la guerre. Cette progression est principalement due à la flambée des prix de l’énergie, conséquence des perturbations des exportations de pétrole et de gaz naturel en provenance de la région du Golfe Persique. Cette crise de l’offre s’est propagée à d’autres matières premières, amplifiant leur valeur.

Les actifs en difficulté

À l’inverse, certains actifs sont particulièrement touchés. Les actions immobilières internationales sont en première ligne, avec une chute de 8,5% pour le Vanguard Global ex-US Real Estate. Les actions américaines ont également subi des pertes, avec un recul de 2,4%, tandis que les obligations américaines ont glissé de 1,3%.

L’inflation, une préoccupation croissante

Les obligations d’État indexées sur l’inflation (TIPS) affichent une performance relativement stable, ce qui suggère une inquiétude du marché quant à une possible hausse de l’inflation. Un sondage réalisé la semaine dernière par Consensus Economics révèle que les analystes ont revu à la hausse leurs prévisions d’inflation pour la plupart des pays du G7 et d’Europe occidentale, par rapport aux estimations de février.

L’incertitude plane sur la durée du conflit

La principale question pour les investisseurs reste la durée de la guerre. Un scénario optimiste prévoit une baisse rapide des prix de l’énergie une fois les combats cessés et les exportations rétablies. Cependant, en l’absence de perspectives claires de résolution, l’incertitude persiste, laissant les marchés dans l’expectative quant à l’évolution des actifs à risque.

Des perspectives divergentes

Certains experts estiment que le conflit pourrait se résoudre rapidement, grâce à des négociations diplomatiques ou à un affaiblissement de l’Iran. Toutefois, les États-Unis se préparent à un conflit prolongé, pouvant durer jusqu’à la fin de l’été ou même l’automne. La durée de la guerre dépendra de la capacité de l’Iran à résister, de la volonté des États-Unis et d’Israël de poursuivre les opérations, et de la possibilité de parvenir à un accord acceptable pour toutes les parties.

Une logique différente pour chaque camp

Selon Mehran Kamrava, professeur de gouvernement à l’Université de Georgetown au Qatar, les États-Unis et Israël visent une victoire rapide et décisive, tandis que l’Iran considère la résistance et la survie comme un succès. "Nous assistons à deux logiques différentes", explique-t-il. "Les États-Unis et Israël mesurent le succès par les dommages militaires visibles. L’Iran voit cela comme un conflit prolongé, dans lequel il entend user de la détermination américaine et israélienne au fil du temps. La question est de savoir qui clignotera le premier."

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