Guerre en Iran : les marchés boursiers américains plongent, l’énergie profite de la crise
NEW YORK (AP) — La guerre en Iran a provoqué un bouleversement sur les marchés boursiers américains, favorisant un retour en force des secteurs de l’énergie, des matières premières et de l’industrie. Les investisseurs, préoccupés par les perturbations potentielles de l’approvisionnement énergétique mondial, ont massivement réorienté leurs investissements.
Les actions énergétiques sont les plus performantes du marché cette année, tirées par la flambée des prix du pétrole et du gaz. L’ETF State Street Energy Select Sector SPDR (XLE), considéré comme un indicateur clé du secteur pétrolier, a grimpé de plus de 25 % depuis le début de l’année 2026, surpassant largement la performance quasi-stagnante du marché boursier global, représenté par l’ETF SPDR S&P 500 (SPY), qui affiche un gain marginal de 0,5 %.
Les secteurs des matières premières et de l’industrie suivent, bien que de loin, avec des performances plus modestes. Les biens de consommation courante, les services publics et l’immobilier affichent également des résultats positifs, tandis que la plupart des autres secteurs stagnent ou sont en territoire négatif. Le secteur financier est le plus touché, avec une baisse de 6 % depuis le début de l’année.
L’incertitude plane sur la durée du conflit. Initialement perçu comme une opération militaire rapide, le conflit en Iran en est désormais à son cinquième jour, et les perspectives d’une résolution rapide s’amenuisent. Les responsables américains et israéliens ont publiquement évoqué la possibilité d’une guerre de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth a même estimé que le conflit pourrait durer jusqu’à huit semaines.
"Nous nous préparons pour plusieurs longues semaines", a reconnu un haut responsable militaire israélien.
Cette perspective d’une guerre prolongée alimente les inquiétudes des marchés. Rick de los Reyes, un gestionnaire de portefeuille sectoriel chez T. Rowe Price, souligne que "si la perturbation est relativement de courte durée, l’histoire suggère que les pics de prix liés aux tensions géopolitiques peuvent s’estomper une fois que l’incertitude commence à se dissiper. Mais si la production ou les exportations sont durablement perturbées, cela constituerait un véritable choc d’offre, avec des implications pour l’inflation, les anticipations de taux d’intérêt et la croissance mondiale."
L’évolution de la situation en Iran aura donc des répercussions sur l’inflation, la croissance économique, les taux d’intérêt et la performance des différents secteurs du marché. Pour l’instant, la seule certitude est que l’avenir est incertain. Les analystes reconnaissent que les scénarios plausibles sont nombreux, mais que les résultats finaux risquent de contredire les prévisions actuelles.
La volatilité des marchés devrait persister tant que la situation en Iran restera instable. Les investisseurs sont appelés à la prudence et à surveiller de près l’évolution du conflit.
