La guerre en Iran fait grimper les taux d’intérêt américains, l’inflation reste une préoccupation
WASHINGTON (AP) — L’escalade des tensions au Moyen-Orient, avec le conflit impliquant l’Iran, exerce une pression croissante sur les marchés financiers américains, notamment sur le marché obligataire. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a connu une hausse notable en mars, dépassant les 30 points de base depuis la fin du mois dernier et atteignant 4,27% jeudi, selon les données analysées.
Initialement, le rendement à 10 ans était considéré comme proche de sa "juste valeur" en février, selon des estimations basées sur la moyenne de trois modèles. Avant le début des hostilités le 28 février, les prévisions laissaient entrevoir une possible baisse. Cependant, la guerre a radicalement modifié cette perspective.
L’augmentation des taux d’intérêt est principalement alimentée par la crainte que la flambée des coûts de l’énergie, conséquence directe du conflit, ne ravive l’inflation. Bien que certains analystes estiment qu’une résolution rapide du conflit pourrait atténuer ces risques, le consensus penche vers une prolongation de la période d’incertitude et une pression inflationniste persistante.
Le marché semble déjà réévaluer le risque inflationniste, bien que de manière modérée pour l’instant. Un franchissement décisif et durable du seuil de 4,30%, un niveau non vu depuis un certain temps, signalerait une inquiétude accrue quant à la persistance des pressions sur les prix liées à l’énergie, même après la fin des combats.
Blerina Uruçi, économiste en chef pour les États-Unis chez T. Rowe Price, souligne que le retour à des prix du pétrole inférieurs à 80 dollars le baril, et encore moins aux 60 dollars d’avant la guerre, est peu probable dans le contexte actuel. "Trop de risques géopolitiques ont été exposés", a-t-elle déclaré. Le prix du pétrole brut américain, bien que légèrement en baisse par rapport à son pic, se maintient autour de 96 dollars, témoignant de la persistance des tensions sur le marché.
En février, la prime de marché pour le rendement à 10 ans était d’environ 20 points de base, un niveau conforme aux mois précédents, mais représentant un recul significatif par rapport aux primes plus élevées observées ces dernières années. Il reste à déterminer si le sentiment des investisseurs exigera une prime plus élevée à l’avenir, une évolution qui dépendra de l’évolution du conflit en Iran et de son impact sur les coûts de l’énergie.
Pour l’instant, le marché obligataire intègre un risque inflationniste plus élevé, mais de manière mesurée. La question clé reste de savoir si les coûts de l’énergie se normaliseront après la fin de la guerre, une perspective que certains analystes jugent peu probable.
