Grammarly visée par une action collective pour utilisation non autorisée d’identités
SAN FRANCISCO – Grammarly, l’outil d’aide à la rédaction populaire, fait face à une action collective déposée par la journaliste Julia Angwin, alléguant une violation de la vie privée et des droits à l’image. L’entreprise est accusée d’avoir utilisé les identités de personnalités, dont des journalistes, pour alimenter sa fonction « Expert Review » basée sur l’intelligence artificielle, sans leur consentement.
L’action collective, déposée mercredi, soutient que Superhuman, la société mère de Grammarly, a enfreint les lois interdisant l’utilisation de l’identité de quelqu’un à des fins commerciales sans autorisation. La plainte précise que Grammarly a présenté des suggestions d’édition comme provenant d’experts reconnus, sans avoir obtenu leur accord.
L’affaire a été révélée initialement par Casey Newton, qui a également constaté que son identité était utilisée par Grammarly. Une enquête du site The Verge a confirmé que plusieurs membres de son équipe, dont le rédacteur en chef Nilay Patel, figuraient également parmi les « experts » utilisés par l’IA de Grammarly.
Face à la controverse, le PDG de Grammarly, Shishir Mehrotra, a présenté des excuses et a annoncé une réévaluation de l’approche de l’entreprise. Il a expliqué que la fonction « Expert Review » visait à aider les utilisateurs à découvrir des perspectives influentes et à établir des liens avec leurs experts préférés, mais a reconnu que l’entreprise n’avait pas atteint son objectif.
Grammarly a suspendu la fonction « Expert Review » en attendant de nouvelles directives. L’action collective soulève des questions importantes sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et le respect des droits individuels dans le domaine de la technologie.
