Guerre et inflation : la Réserve fédérale dans l’expectative
Washington – L’escalade des tensions géopolitiques, avec le début des hostilités le 28 février, a compliqué la tâche de la Réserve fédérale américaine (Fed) alors qu’elle tentait de maîtriser l’inflation. Si les pressions sur les prix s’étaient stabilisées à des niveaux inférieurs à ceux observés récemment, les responsables de la Fed restaient prudents quant à une déclaration de victoire prématurée. L’inflation avait atteint un pic de 9,0 % en glissement annuel en juin 2022.
La tendance à la baisse de l’inflation, qui se situait récemment dans une fourchette de 2 % à 2,4 % (selon les données du département du Travail américain publiées le 13 février 2026), pourrait être compromise par la flambée des prix de l’énergie. La principale inquiétude est que cette hausse force la banque centrale à maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps que prévu.
L’incertitude plane sur la durée de la hausse des prix du pétrole, de l’essence et d’autres produits énergétiques, rendant difficile pour la Fed de déterminer si et quand elle doit réagir. Plus la guerre se prolonge, plus l’ambiguïté concernant les futures décisions de politique monétaire s’accentue.
Les marchés financiers, confrontés à cette incertitude, adoptent une attitude prudente. Le rendement des bons du Trésor américain à deux ans, un indicateur sensible des anticipations de la Fed, est resté proche du taux des fonds fédéraux effectifs, suggérant que les investisseurs s’attendent à ce que la Fed maintienne ses taux inchangés dans un avenir proche. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux confirment cette tendance, prévoyant une absence de modification des taux lors des trois prochaines réunions de la banque centrale. Un éventuel abaissement des taux n’est envisagé qu’à partir de juillet ou septembre, mais ces estimations doivent être prises avec précaution.
“La Fed a toujours du mal à réagir à un choc d’offre”, explique Alan Detmeister, ancien économiste de la Fed, aujourd’hui chez UBS. “D’un côté, les aspects inflationnistes suggèrent qu’il faudrait relever les taux d’intérêt. De l’autre, la baisse de la production et l’augmentation des coûts impliquent qu’il faudrait les baisser. Ce n’est pas clair, et cela conduit la Fed à attendre et à voir quel aspect de son double mandat nécessite le plus d’aide.”
La fermeture du détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour l’exportation du pétrole, représente un facteur d’aggravation. Selon Capital Economics, cité par le Financial Times, la durée du blocage des exportations aura un impact direct sur l’offre et exercera une pression à la hausse sur les prix de l’énergie.
Un cessez-le-feu pourrait apaiser la situation, mais les retombées économiques potentielles ne permettront pas à la Fed de prendre des décisions éclairées dans un avenir proche. La banque centrale doit évaluer les différents scénarios et ajuster sa politique monétaire en conséquence, dans un contexte de grande incertitude.
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